Tuatini Manate, 28 ans, est tombée sous le charme du Japon et s’est installée à Tokyo il y a cinq ans. Elle y vit de ses talents de couturière et conceptrice de costumes de ‘ori tahiti.
Comment as-tu atterri au Japon ?
En 2019, l’école de danse Manohiva Tahiti, dont j’étais déjà proche, avait besoin de mes services afin de confectionner des robes pour les élèves de leur école de danse également présente au Japon. N’ayant jamais vraiment voyagé dans ma vie et rêvant d’aventure à l’étranger, j’ai sauté sur l’occasion. Il y a cinq ans, j’embarquais pour mon premier voyage au Japon pendant trois mois, un séjour qui a été un coup de cœur. Je me suis débrouillée pour y revenir indéfiniment. C’est grâce à la personne qui gérait l’école de danse Manohiva que j’ai pu y revenir travailler officiellement, un an plus tard.
Pourquoi un an plus tard ?
Mes plans ont été freinés par la Covid. Quand je suis rentrée du Japon après ces trois mois, c’était en janvier 2020. Quelques semaines plus tard, la Covid a éclaté et le Japon a fermé ses frontières aux étrangers. Tout a été bloqué. J’ai finalement pu y retourner en décembre 2020, en faisant un stop en France afin de passer à l’ambassade japonaise pour récupérer les documents nécessaires à mon entrée au Japon. À mon arrivée, j’ai dû respecter quatorze jours de quarantaine à l’hôtel, comme l’imposait la procédure à l’époque.
Qu’est-ce qui t’a plu au Japon au point d’avoir envie d’y vivre ?
C’est le cadre de vie. L’esthétique et la grandeur de Tokyo, avec la foule incessante qui me fascinait. Le sentiment de sécurité, la facilité des transports en commun et la propreté en général rendaient le quotidien agréable. Je suis également très sensible à l’attention que portent en général les Japonais à leur apparence, ce qui donne un look très « clean » que j’apprécie et qui, je pense, a beaucoup influencé mon style personnel aujourd’hui. Enfin, la diversité de cadres que le Japon peut offrir au fil des saisons est incroyable : la célèbre floraison des sakura, les paysages enneigés facilement accessibles depuis Tokyo, ou encore les belles plages d’Okinawa, au sud du Japon.
Parles-tu japonais aujourd’hui ?
Je suis un peu embarrassée de l’avouer, mais non. C’est un apprentissage progressif qui se fait principalement à travers la vie du quotidien ou avec les personnes qui m’entourent. L’anglais ayant été la langue d’échange principale depuis mes débuts, j’essaie tout de même de…


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