Après des études et quelques années dans le tourisme, elle s’est reconvertie dans la cuisine. Depuis toute petite, elle cuisine, avec ses grands-mères, en voyage, en famille… Finalement, elle a fait de sa passion, son métier.
Après le tourisme, la cuisine ?
J’aimais beaucoup cet univers, mais la cuisine a toujours occupé une place particulière dans ma vie. Plus les années passaient, plus je ressentais le besoin de lui donner une place plus importante. À 26 ans, j’ai donc décidé de faire de ma passion mon métier et de me reconvertir. Je suis partie à Paris pour intégrer Ferrandi dans le cadre d’un CAP Cuisine. C’est une formation qui rassemble des profils très différents : des jeunes en début de parcours comme des personnes en pleine reconversion professionnelle. Dans ma promotion, certains avaient plus de 50 ans et reprenaient leurs études. C’est quelque chose que j’ai trouvé très inspirant. Ça m’a rappelé qu’il n’est jamais trop tard pour suivre ce qui nous anime vraiment. Aujourd’hui, je termine ma formation et je passe mes examens de fin d’année. Après une année d’alternance au restaurant Pétrelle, je m’apprête à poursuivre cette aventure dans le sud de la France afin de continuer à apprendre et à construire mon identité culinaire.
Qu’est-ce qui t’a décidée à changer de vie ?
La cuisine n’est pas arrivée dans ma vie du jour au lendemain. Elle a toujours été présente. Pendant longtemps, elle est restée une passion que je cultivais à côté de mon travail. J’aime cuisiner pour mes proches, recevoir à la maison, organiser des repas et découvrir les cultures à travers la gastronomie lors de mes voyages. Cette passion prenait de plus en plus de place dans ma vie. J’avais envie de créer, de travailler avec mes mains et de me rapprocher de quelque chose qui me faisait réellement vibrer au quotidien. C’était maintenant ou jamais. Bien sûr, cette décision m’a fait peur, mais j’ai eu la chance d’être très entourée. Ma famille m’a toujours soutenue dans mes projets et mon compagnon m’a également encouragée.
Qu’est-ce que tu aimes dans ce nouveau métier ?
Ce que j’aime, c’est qu’il me permet d’être à la fois créative, curieuse et en perpétuel mouvement. J’ai toujours eu un côté très artistique et la cuisine est probablement l’un des rares métiers où la créativité peut s’exprimer de mille façons différentes. On peut travailler les saveurs, les textures, les couleurs, les produits, les techniques… les possibilités sont infinies et je trouve ça fascinant. Plus j’avance, plus je réalise l’immensité de ce qu’il reste à découvrir. Chaque produit, chaque chef, chaque pays et chaque culture apporte une nouvelle perspective. C’est un métier vivant qui évolue constamment et nous pousse à nous remettre en question. Je trouve ça très stimulant. J’aime le fait que la cuisine reste profondément humaine. Elle repose sur le savoir-faire, la sensibilité, l’intuition et l’expérience. La cuisine rassemble, crée du lien. Chez nous, le samedi se dit Mahana Mā’a, ce qui signifie littéralement le « jour de la nourriture ». Quand j’y pense, je trouve assez beau qu’un jour de la semaine porte ce nom-là chez nous.
Et d’où vient cette passion ?
J’ai grandi dans une famille où les repas occupent une place centrale, autant à Tahiti côté maman qu’en Provence côté papa. Ces repas de famille où plusieurs générations sont réunies autour de la même table. Ce sont des souvenirs qui m’ont profondément marquée.
Dans ma famille, on a toujours beaucoup cuisiné. J’ai passé beaucoup de temps à cuisiner avec ma grand-mère et arrière-grand-mère en Provence qui m’ont transmis leur amour des produits frais, des recettes familiales et des repas qui prennent du temps. Avec le recul, je me rends compte que la cuisine


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