Elle a grandi entre Tahiti et Raiatea, entre le français et le reo tahiti, entre l’envie de rester et l’envie de partir. Solidement attachée à son fenua, à sa culture et à sa langue, elle parcourt le monde avec le besoin de découvrir et d’apprendre des autres. Installée depuis vingt ans aux États-Unis, elle met le cap, cette fin d’année, sur la Nouvelle-Zélande.
Revenons sur ton histoire. Avant de parler de tes différentes activités, peux-tu nous dire d’où tu viens ?
Je suis née à Tahiti en 1979, mais j’ai grandi entre Tahiti et Raiatea. Ma maman, qui est originaire de la vallée d’Avera Rahi à Raiatea, nous a élevés seule ; elle était bibliothécaire et travaillait dans les écoles de Papeete. Mon père était Écossais. J’allais donc à l’école non loin de son lieu de travail. En revanche, je passais mes vacances dans les vallées, sur les motu et dans le fa’a’apu familial à Raiatea. On avait des champs de vanille, des plants de taro… Ma grand-mère vendait des fleurs et confectionnait des bouquets qu’elle vendait au marché de Uturoa, elle proposait également les produits de notre fa’a’apu. On était dans l’eau, dans la nature. Je me rappelle qu’à 12 ans, j’ai fait tout un périple avec mon frère et ma mère. Je crois que c’est à ce moment-là que je suis tombée amoureuse des voyages, que j’ai eu envie de découvrir le monde.
Où êtes-vous allés ?
Nous avons passé un mois en Europe, en France, en Allemagne et en Suisse. Ensuite, nous sommes allés en Australie et en Nouvelle-Zélande, assez classique. J’ai pu aller vers des destinations moins connues plus tard, une fois adulte. J’ai beaucoup voyagé dans les pays asiatiques.
Est-ce que cette passion a pesé dans ton choix d’orientation au lycée ?
Non, pas du tout. Je voulais être enseignante ou infirmière. Je voulais particulièrement travailler dans les ambulances. Comme il n’y avait pas de place dans l’école ici, il fallait que j’aille en métropole. C’était ma seule option. J’ai préféré rester, j’étais trop attachée à la Polynésie, je ne me voyais pas quitter le fenua pendant plusieurs années. J’aime partir, mais j’ai toujours besoin de revenir ici. Je suis très attachée à Tahiti.
Et qu’as-tu trouvé ?
Air Tahiti Nui a vu le jour en 1996. Le premier vol a eu lieu en 1998. En 2000, ils ont recruté des hôtesses de l’air et j’ai rejoint la compagnie. J’avais 21 ans, j’ai quitté la fac. Je suis retournée sur les bancs de l’université plus tard, lorsque j’étais enceinte.
Tu es donc devenue hôtesse de l’air !
Oui, pour une année. Je n’ai pas du tout aimé ! Par contre, j’aimais la compagnie. J’ai demandé à rester au sol. J’ai travaillé sept années au service commercial, jusqu’à ce que je rencontre le père de mes filles, un Américain. Nous nous sommes installés en Californie en 2007. J’ai rejoint l’équipe de la compagnie à Los Angeles. Pour moi, c’était une ouverture sur le monde, je n’ai pas hésité. Et puis, un jour, je suis tombée enceinte. Il y a eu des complications, j’ai dû m’arrêter. Mais comme je suis workaholic, je me suis mise à travailler… de chez moi…


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