Mareva Razafintsalama est née et vit à Paris. Mais elle porte la Polynésie en elle : sa mère est de Raiatea, et aussi la culture malgache car son père vient de cette grande île rouge. Elle est diplômée en comptabilité et intelligence économique et s’est reconvertie il y a quatre ans dans la mode. Elle a lancé Titema Paris, une boutique où les vêtements sont personnalisables.
Tu viens de lancer une boutique un peu spéciale, quel est le concept exactement ?
Les idées viennent souvent lorsqu’il faut satisfaire un besoin. Ici, il s’agit tout simplement d’obtenir le vêtement qui correspond à ses attentes : on choisit la coupe, le tissu, la forme du col, les longueurs des manches, du vêtement, on peut mixer les tissus. Titema s’est donné pour mission de faciliter la vie des femmes dans leur quête du vêtement. Les combinaisons possibles sont vastes, la flexibilité permet d’aller au plus près du résultat désiré. Les vêtements Titema sont uniques : il y a autant de vêtements différents que de personnalités. Mais on ne fait pas tout. Au début, je proposais uniquement quelques modèles de robes, puis j’ai ajouté des jupes. De nombreuses personnes regrettaient que je ne propose pas de pantalon, je suis donc en train de prototyper un modèle de pantalon. L’offre est progressive, car Titema est une petite structure.
Sur ton site, on peut lire que les cultures malgache et polynésienne sont présentes sur les modèles que tu proposes. Comment se concrétise cette dimension culturelle ?
Il faudrait visiter mon atelier-boutique pour s’en rendre compte. Les tissus citadins côtoient les tissus polynésiens. Je profite de mes vacances familiales au fenua pour revenir avec des tissus Arii Création.
Je propose aussi d’imprimer des motifs sur le vêtement, c’est très artisanal, j’utilise une roulette vintage dont la fabrication a été arrêtée il y a plus de 15 ans. J’ai remplacé les motifs d’origine par des motifs tātau que j’ai dessinés. Aussi, toutes les fermetures à glissière sont habillées de tissus pāreu. Le clin d’œil à Madagascar se trouve plutôt du côté des accessoires fait de raphia et de corne de zébu. Des sacs, chapeaux, bijoux, ceintures… Madagascar et la Polynésie sont des régions peu visibles à Paris, ça me tient à cœur de les montrer. L’atelier-boutique de Titema n’est pas un commerce comme les autres…


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