Barbara Deane fête ses 28 ans en ce mois de juillet. Originaire de Haumi, à Moorea, elle réussit en 2019 le concours de Technicien supérieur des études et de l’exploitation de l’aviation civile (TSEEAC) de l’ENAC, l’Ecole nationale de l’aviation civile, à Toulouse. Après ses années réglementaires de formation, elle est aujourd’hui contrôleuse aérienne à l’aéroport de Rodez-Aveyron. Une petite ville de France où elle partage également un peu de sa Polynésie à travers des cours de ‘ori tahiti.
Quand et comment tu as su que tu voulais devenir contrôleuse aérienne?
Alors ça, c’est toute une histoire ! (Rires) J’ai passé mon bac en 2015. J’ai poursuivi sur une licence en mathématiques à l’Université de la Polynésie avec l’idée de devenir professeur de Maths. Lors d’un cours intitulé « Projet professionnel », il a fallu présenter un métier. Avec des amis, on a décidé de sortir de l’ordinaire et de s’intéresser à l’univers de l’aviation, un domaine que je ne connaissais pas du tout. Grâce à l’un d’eux, on a pu rencontrer un contrôleur aérien. Son témoignage m’a captivée. Il parlait de son métier avec passion, et j’ai pu m’identifier à lui parce qu’il était un ancien professeur de mathématiques qui s’était reconverti. Il m’a parlé des avantages et des inconvénients des deux métiers. J’ai gardé cet échange dans un coin de ma tête et j’ai poursuivi mes études. Après validation de ma licence, j’ai débuté ma première année de master MEEF à Bordeaux. En mars 2019, je profite d’être en métropole et je tente le concours TSEEAC national, équivalent à celui qu’avait passé le contrôleur de Tahiti, mais dans sa version territoriale. Je me suis dit que je n’avais rien à perdre. Et je l’ai réussi ! L’engouement pour le métier est venu petit à petit durant le cursus à l’ENAC et notamment grâce aux cours sur simulateurs.
Comment ça s’est passé, une fois que tu as eu le concours ?
En réussissant le concours, on intègre la formation Gestion de la Sécurité et Exploitation Aéronautique (GSEA) et on obtient le statut d’élève fonctionnaire. Ce statut permet d’être rémunéré dès le début de la formation et assure un poste à la fin de celle-ci. Toutefois, il ne faut pas relâcher ses efforts. En effet, la formation est organisée sur 3 ans et est composée de deux premières années académiques qui sont dispensées à l’ENAC et d’une troisième année se déroulant en alternance. Les notes obtenues au cours de la deuxième année établissent le classement au mérite des étudiants pour le choix des postes qu’ils occuperont dès la troisième année. En tant qu’élève technicien, plusieurs postes peuvent être proposés tels qu’inspecteur de surveillance, concepteur de procédures, spécialiste d’exploitation, contrôleur d’aérodrome, etc. C’est d’ailleurs la diversité des métiers accessibles avec le concours TSEEAC qui m’a confortée dans mon choix.
En sortie d’école, j’ai ainsi été affectée à l’aérodrome de Lognes-Émerainville, à l’est de Paris, près de Disneyland. C’est un terrain dédié à l’aviation de loisir, avec des avions légers. Puis, en août 2024, j’ai rejoint l’aéroport de Rodez- Aveyron. Là, il y a un aérogare et donc du trafic passager, avec des avions plus gros comme des A320 ou des Boeing 737.Quel que soit le type d’aéronef, on traite tous les vols avec le même sérieux, mais c’est vrai que la présence de passagers ajoute une petite pression supplémentaire.
Quelles sont tes missions ?
Notre mission principale est d’assurer la sécurité des vols, au sol comme en vol. Cela signifie éviter les collisions entre aéronefs et tout autre obstacle. On recueille également des informations météorologiques et on les transmet si nécessaire. On fournit aux pilotes les informations sur les trafics présents dans notre espace aérien et on coordonne les vols avec les autres contrôleurs.


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