Canaëlle Berthet aime la nature et les matières qu’elle trouve dans son environnement. Il faut qu’elle les touche, les triture, les travaille, les ausculte. Elle en connaît les moindres recoins et lit tout ce qu’elle trouve dessus. Et c’est comme ça que naissent des bijoux uniques.
Passé
Je suis artiste plasticienne. Tout ce que je sais faire, c’est avec mes mains. Pour mon diplôme de licence d’art, j’ai fait une performance. J’avais découvert cette forme d’art durant mes études et ça me plaisait, cette idée de ne faire qu’un avec l’œuvre. Mon projet portait sur cette question : est-ce que c’est l’œuvre qui naît de l’artiste ou l’artiste qui naît de l’œuvre ? Quand je suis rentrée à Tahiti, j’ai commencé à faire des recherches à l’université, au musée, sur l’art océanien. Et je suis tombée sur ces masques utilisés dans la région Sépik en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Ils servent pour différentes cérémonies. Ils ont été une inspiration pour mes propres masques, pour continuer à faire des performances dans lesquelles j’incarne une créature et j’attire le public dans une transe. Et c’est en les fabriquant que j’ai découvert la gravure sur nacre. Je suis tombée amoureuse de cette matière, elle n’a jamais les mêmes couleurs, on peut la travailler et produire des textures différentes… Tout ce qui vient de la nature m’intéresse. J’ai été initiée par des gens qui travaillent les bijoux et ça m’a aussi donné envie d’en faire. Mon idée était de proposer des œuvres d’art qui se portent. On m’a accompagnée, mais je n’ai jamais suivi de formation, j’ai appris en autodidacte. J’utilise les techniques de la bijouterie pour l’art et inversement. Je fais des toiles aussi que je signe de mon deuxième prénom, Hinano.

Créations
Je fais des colliers, des bracelets, des boucles d’oreilles et des bagues. Toujours dans des matières naturelles. J’utilise la nacre, le coco, la fibre de coco, le burgau. Plus c’est naturel, plus ça me plaît ! Quand j’ai commencé, je vendais des pièces à 1 000 francs aux marchés aux puces. Désormais, je suis dans les salons et je propose des pièces plus complexes et plus engagées. Lors d’un salon des artisans créateurs, j’ai présenté une cotte de maille composée de trois cent trente pièces de nacre, dont deux cent quatre-vingt deux gravées, représentant les deux cent quatre-vingt deux mille habitants de la Polynésie française, pour montrer que…



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