Tehaamarumaru Tehina Manutahi a découvert l’artisanat, et surtout l’art de transformer les coquillages en bijoux, lors de vacances à Maupiti. Là-bas, elle tombe amoureuse deux fois : d’un homme, devenu son mari, et de la création, dont elle a fait son métier. Arikinui Créations a, depuis 2019, un petit stand bien en vue au marché de Papeete.
Passé
Je suis partie en vacances à Maupiti avec ma tante et j’y ai rencontré mon futur mari. Lui et toute ma belle-famille vivaient de l’artisanat et j’ai découvert tout ça avec eux. Quand je suis partie, ma belle-mère m’a offert un collier : une grande parure avec des coquillages multicolores et une tresse en nī’au blanc à six brins. J’ai eu un enfant et tous les jours, à la maison, je regardais ce collier et je disais à mon mari que je voulais me lancer. Je suis venue au marché et j’ai acheté du raphia. Puis je me suis lancée. Pendant deux ans, je démontais des colliers et je les refaisais pour apprendre. Quand ma belle-mère et mes belles-sœurs venaient à Tahiti, je les regardais tresser. Quand j’ai réussi à faire mon premier collier, c’était des grappes de coquillages, il était un peu grossier, le tressage était épais, mais j’en étais si fière ! Je vendais ensuite ces bijoux en allant démarcher partout où je pouvais et je passais toujours au marché. J’espérais obtenir un stand. C’est très dur d’avoir une place, mais le directeur a vu que j’étais motivée. Il m’a proposé une petite table dehors, c’était parfait ! Puis la directrice est arrivée, elle m’a trouvé une place dedans. Encore mieux !

Créations
Je crée toutes sortes de bijoux : colliers, boucles d’oreilles, bracelets, bagues, pique-cheveux, barrettes, porte-clés… et même des carillons. Chaque pièce est unique, faite à la main avec des matériaux naturels. Avec mon mari, qui travaille maintenant avec moi, nous ramassons nous-mêmes nos coquillages sur Tahiti. On les nettoie, on les taille et je les monte. Mes bijoux ont évolué grâce à la pratique quotidienne. Je ne passe pas une journée sans toucher à mes matières premières. En m’appliquant, en persévérant, j’ai affiné mon style et mes techniques. Aujourd’hui, mes créations sont plus maîtrisées, plus abouties.
Extrait de l’article rédigé par Lucie Rabréaud
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