Teina Chang Sui Fat ou tout simplement Tei, son nom d’artiste, vient de sortir son premier EP, ‘EKA ‘EKA. Après les succès de Local Boy ou Start, il trace sa route, espérant rendre « les sonorités polynésiennes familières aux oreilles étrangères ».
Comment as-tu commencé la musique ?
En tant que Polynésien, la musique a naturellement bercé mon enfance. Très petit, j’écoutais déjà différents styles musicaux comme le rock, le métal, le rap US ou encore le hawaiian reggae. C’est à l’âge de 10 ans qu’une de mes tantes m’a offert ma toute première guitare. Je me suis tout de suite essayé à reprendre un morceau, qui me touchait énormément à l’époque, Subway de Asa. La musique m’a toujours accompagné. Du côté de ma mère, quasiment toute la famille chante ou joue d’un instrument. Quant à mon père, il joue quelques percussions et est fabriquant de ‘ukulele à présent.
Quand tu es arrivé en France pour tes études, tu as découvert encore d’autres sonorités : IAM, Fonky Family, PNL, SCH, Damso…
C’est en arrivant en métropole en 2016 que je me suis rendu compte de l’explosion du rap français avec beaucoup d’artistes qui ont vu leur carrière vraiment décoller et que l’on connaît très bien maintenant comme Nekfeu, Josman, PNL, etc.
Qu’est-ce qui te plaisait tant dans ces groupes ?
Ce qui me parlait dans ce paysage, c’est la différence que l’on pouvait ressentir dans les voix, l’interprétation, les productions, les personnages, mais aussi dans le mix des morceaux : c’est comme si je découvrais un tout nouveau monde. Étant curieux, c’est à ce moment-là que je me suis mis à explorer ce domaine et à écrire des textes régulièrement en anglais et en français.
D’ailleurs, pourquoi avoir choisi des études de graphisme, quels étaient tes objectifs ?
Avant de partir à Aix-en-Provence, j’ai obtenu mon bac Pro communication visuelle plurimédia au lycée Saint-Joseph à Pirae, avec lequel j’ai développé un goût prononcé pour le graphisme et la vidéo. J’ai donc décidé de poursuivre mes études jusqu’au master au sein de l’École de création visuelle. Aujourd’hui, je suis vidéaste et graphiste, cela me permet de développer mon propre univers visuel.
Local boy est un mélange de culture polynésienne et d’ailleurs, est-ce à ton image ?
Local Boy est un cocktail polynésien et afro. C’est avec ce morceau, réalisé en compagnie du collectif MAMŪ, que j’ai eu un déclic, celui de mélanger des sonorités de la Polynésie à celles d’ailleurs. Local Boy véhicule un message de simplicité, il incite à protéger notre fenua, à se lier les uns aux autres par le partage et l’amour.
Puis est venu Start… Que raconte ce single ?
Les singles qui ont succédé à Local Boy, tel que Start, sont des morceaux écrits quelques années avant leur date de sortie. Ils ont une dimension plus internationale que locale. Start est un morceau lié à…
Article rédigé par Lucie Rabréaud
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