C’est dimanche matin et un petit attroupement s’est formé tout au fond de Tipaerui. À partir de ce parking improvisé, il faut marcher. Un 4×4 sert de voiture-balai avec tous les sacs dans la benne. C’est comme ça que les Tapa Tāpati commencent, après bien sûr avoir eu quelques explications de Tainui Malateste qui affiche un grand sourire.
Il adore ça ! Organiser des événements, voir plein de monde inscrit, certains avec des couronnes de fleurs, d’autres impatients d’aller aux ateliers annoncés au programme. Un programme qui change tout le temps, selon les idées, le thème que Tainui a trouvé et choisi. Au début, il voulait être professeur d’anglais. Ses deux parents sont professeurs des écoles, alors il pense que c’est aussi un métier fait pour lui. Il passe deux ans au Canada pour finir ses études dont il ramène surtout des souvenirs glacés. « Je n’ai pas trop aimé l’hiver… » Et pendant ces longues soirées, il commence à se demander s’il a bien choisi sa voie. Il revient à Tahiti en 2015 et annonce qu’il ne sera pas professeur d’anglais. « J’ai été la cause des premiers cheveux blancs de mon père », rigole-t-il aujourd’hui. Pas question cependant de ne rien faire, il faut se former ou travailler et finalement devient formateur au RSMA… en anglais, pour la filière tourisme. « Finalement, j’ai bien enseigné l’anglais ! » Il prépare son dossier, il est décidé à s’engager dans l’armée, quand il tombe sur la consule de Nouvelle-Zélande.
Il est à un salon sur les formations et les métiers dans le tourisme et il fait cette rencontre. « Elle m’a dit qu’il lui restait une place pour obtenir une bourse et partir en Nouvelle-Zélande. Je devais faire ma lettre de motivation et mon CV en anglais le lendemain. Ce que j’ai fait ! Et le lendemain, le téléphone a sonné, on m’annonçait que je partais dans quinze jours. » Il passe quelques années à Queenstown où là il adore l’hiver et quand il rentre à Tahiti, il est embauché à Tahiti Tourisme à l’organisation des opérations locales. « J’ai appris à coordonner des équipes, à créer des programmes, à proposer des concepts… » Il fait sa place. Un expert culturel l’embarque partout avec lui, sur les cérémonies, en pirogue, il retrace sa généalogie, s’initie à la fabrication du tapa, au tressage. « Un éveil à la culture polynésienne. » 2021, tout se ferme. Crise de la Covid-19. La réalité le frappe : « Sans frontière ouverte, que devenons-nous ? Nous ne sommes pas autosuffisants. Qu’est-ce que je pouvais faire ? »
Il imagine alors créer sa propre société, créer ses propres événements, pour…



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