Auteur, chanteur, compositeur, musicien, on peut aussi décrire Steve Angia par ses origines. Il est né et a grandi à Rapa. Une île isolée, accessible seulement par la mer, et qu’il est difficile de quitter. Il avoue même qu’il avait une furieuse envie de sauter du bateau pour aller se cacher dans la montagne. Écrire et chanter lui a permis de célébrer Rapa.
Il se souvient bien de ce moment difficile où il a fallu partir. Il était encore tout petit, mais le collège c’était à Tubuai et puis le lycée à Tahiti. Une séparation imposée, « une force et une blessure. » Il est revenu à Rapa il y a quelques années, quinze ans qu’il n’y était pas allé. « Ça m’a fait du bien… » Retrouver les lieux, les odeurs, les bruits… Il y était en famille et ses enfants n’osaient pas croire qu’à l’âge de 7 ans, il grimpait la montagne tout seul. C’était comme ça ici. « C’est une vie qui m’a beaucoup manqué. Je voulais sauter du bateau et me cacher pour rester sur mon île. » Mais il faut aller à l’école, apprendre un métier. C’est d’abord la chaudronnerie et la métallurgie. Il travaillera pendant sept ans sur les chantiers nautiques. Pendant toutes ces années, il fait un peu de musique et du théâtre aussi. Il adore ça : jouer d’autres personnes, vivre des histoires qu’il ne peut pas vivre ailleurs que sur scène.
Jusqu’à ce que la musique vienne le chercher. La musique : impossible d’y échapper dans sa famille. Sa grand-mère est dans le chant polyphonique, son grand-père compositeur, son père un des premiers fabricants de percussions sur Rapa. Et les week-ends, ce sont les habituelles bringues familiales. Une fois loin de Rapa, il commence à écrire. C’est son lien avec son île. Il participe à des concours de chant : « J’ai jamais rien gagné ! Mais je n’ai pas baissé les bras. » C’est un plaisir pour lui de prendre le micro, se présenter et dire haut et fort qu’il vient de Rapa. « J’aime cette expérience des concours. Je me suis pris plein de râteaux, mais j’y retournais quand même. » Et puis un jour, un Américain cherche un artiste polynésien pour l’intégrer dans une tournée. Une troupe constituée d’artistes des quatre coins du monde. Pendant deux ans, il va faire des concerts et apprendre la discipline, le spectacle à l’américaine où tout est millimétré. « Je devais apprendre le solfège, je connaissais la musique à l’oreille. J’ai fait ce que j’ai pu. Et j’ai beaucoup appris. » Il voit le monde. Quand il revient, il a plein d’idées, il veut transmettre tout ça et commence à travailler à son compte. Il enseigne les percussions traditionnelles, devient prestataire pour…



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