L’ice fait la une de l’actualité en ce moment, et Stanley Paie-Ellis n’hésite plus à donner de la voix quand on le sollicite. Oui, il a été consommateur. Oui, l’ice a changé ses plans. Oui, tout ça est fini, et oui la guerre commence. Car désormais, son vécu est devenu sa force, et la sensibilisation des jeunes son combat.
Une petite table en béton sous une tonnelle, la mer, quelques va’a au loin, et un grand vent. C’est presque la tempête, exactement ce que Stanley Paie-Ellis a traversé il y a quelques années, une tempête. Une dépression et une envie de tout oublier. Un soir de fête, on lui propose de l’ice… il ne sait pas vraiment ce que c’est, il fume, et sa vie bascule. Aujourd’hui, il raconte cette histoire sereinement, il est toujours en reconstruction. On voit le bonheur dans ses yeux quand il regarde autour de lui. Cette école de va’a, à Pirae, il en rêvait depuis longtemps. C’est son père qui l’a entraîné dans la rame, puis c’est devenu une passion. Il y a eu les compétitions, les championnats du monde… Et la vie qui change, il devient papa. Il continue le va’a, mais de manière occasionnelle. Puis il traverse une période très difficile, il a beaucoup de peine, et se réconforte dans les sorties.
De mauvaises rencontres, on lui propose de fumer. « On te vend du rêve, je me souviens très bien de ce soir-là. J’étais très fatigué, il m’assurait que si je fumais, je me sentirais mieux et que je pourrais rester à la fête encore longtemps. Et en effet, ça m’a permis d’oublier ma peine. » L’ice, une fois qu’on a les contacts, ce n’est pas difficile d’en trouver. « Ceux qui me fournissaient ont commencé à me voler. Et puis ils se sont fait prendre et m’ont mis dedans. » Il fait de la détention entre 2018 et 2021. Il est décidé à changer de vie. Surtout qu’en détention, il réalise l’ampleur du trafic et ses ramifications. Toute la chaîne avec les mules, les dealers, les investisseurs, les consommateurs. « Ça n’a pas de limite, c’est l’appât du gain. » À sa sortie, il rencontre sa femme, Onaku Ellis. Avec elle, il est direct et raconte toute son histoire. « Elle a été très cash. Elle est restée vraie. Elle m’a ramassé à la petite cuillère… » Ils apprennent à se connaître, tombent amoureux et se marient quelques années plus tard. Au moment de l’interview, son téléphone est posé sur la table. Il ne le quitte pas des yeux, car Onaku peut accoucher de leur deuxième enfant d’un moment à l’autre. « Je suis encore entrain de me reconstruire, ce n’est pas quelque chose de facile. Tu dois savoir qui tu es et qui tu veux devenir. Tu peux toujours agir sur ton futur. » Et sa petite famille l’aide à affronter son passé droit dans les yeux. « Ma femme m’a donné les clés pour y arriver. Elle m’a coupé de mon environnement nocif. »…
Extrait de l’article rédigé par Lucie Rabréaud
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