C’est avec son double vivo, le vivo tau’ua, qu’on l’a découvert. Et qu’on a entendu toute une histoire… passionnante, d’un homme qui vibre au rythme de sa culture et de la nature qui l’entoure, attentif aux signes pour mieux comprendre quel chemin il doit suivre.
Vous connaissez forcément ce son doux, calme, qui semble ralentir le monde. Quand on entend le vivo, l’esprit s’apaise. Un moment suspendu où on se prépare à ce qui vient. C’est en 2018 que Samuel Poepoeani rencontre le vivo. Il a déjà entendu le son de cette flûte à la télé ou ailleurs, mais sans y faire attention. Cette fois, le musicien est devant lui dans l’orchestre qui joue pour le groupe de danse dans lequel Samuel danse. C’est bientôt le Heiva i Tahiti et les répétitions s’enchaînent. Et Samuel n’arrive pas à se décoller du joueur de vivo. « J’allais tout le temps à côté de lui, je me rapprochais toujours plus, je lui ai demandé comment il jouait. Et après le Heiva, il m’a offert un vivo. » Les vibrations de la flûte nasale avaient touché le fond de son cœur et lui donnaient la chair de poule. « C’est une connexion avec le monde qu’on ne peut pas voir avec les yeux. Ce sont des signes qu’on perçoit de l’intérieur. Des signes, il y en a tous les jours, mais on n’y fait pas attention. Si on apprend à les lire, alors on va guérir. » Guérir de notre envie d’avoir tout, tout de suite, et en grande quantité, notre appétit fou de consommation. « Quand tu comprends que tu fais partie de l’univers, qu’on forme un tout, alors tu apprends à faire les choses avec respect, tu deviens plus humble. »
Avec son cadeau, il apprend à jouer, tout seul et avec d’autres. Il expérimente, fabrique ses premières flûtes. « C’est une recherche. » Il sait graver et sculpter, mais depuis sa rencontre avec le vivo, son art tourne autour de cet instrument. Aujourd’hui, cela fait sept ans qu’il en joue, quatre ans qu’il en fabrique. « C’est quelque chose qui s’apprend, comme tout instrument. Il y a une posture, une façon d’être, d’exprimer ses émotions. C’est à la portée de tous si on est prêt à écouter les messages de cet art. Chaque instrument vibre de façon différente. Le vivo, ce sont les ondes de la respiration, le temps de la méditation, de la relaxation. » Un instrument particulièrement spirituel. « Il ne faut pas juste se laisser emporter par le courant, il faut le prendre et tu vas aller là où tu as besoin d’aller. » Au Salon des jeunes artisans créateurs, il se laisse inspirer par le thème du concours : réinventer la tradition et propose…



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