Il n’avait jamais osé se rêver Mister Tahiti. Plutôt maigre, après avoir souffert de surpoids, et un visage « plus chinois que polynésien », il pensait n’avoir aucun atout pour envisager obtenir ce titre. Et pourtant… C’est bien lui qui a été choisi. À sa grande surprise.
À la fin de la soirée, quand Heiva Ah-Min, Mister Tahiti 2023, annonce son nom pour le titre de Mister Tahiti, il n’y croit pas. « Mon objectif était d’être sur le podium, mais pas de devenir Mister. Quand on a appelé mon prénom, j’étais choqué ! J’ai eu du mal à réaliser et puis j’ai vu toute ma famille hurler. » Lui aussi pensait que le titre serait pour Tanetuiatera Teaniniuraitemoana, élu deuxième challenger. « Je pense qu’il a été déçu, mais on s’entend toujours très bien et d’ailleurs, mes challengers veulent venir avec moi en France pour me soutenir à l’élection nationale. Ça m’a beaucoup touché. » Parce que ces dix beaux garçons, au-delà du concours de beauté, se sont tous bien entendus pendant leur préparation. Une belle aventure, vécue comme des frères, qui les a soudés. Elle aura d’ailleurs été particulièrement difficile cette élection pour Karl Chung-Tan. Au début du mois de juillet, son père décède d’un cancer. Une disparition soudaine qui l’a fait douter de ses choix. Était-il vraiment à sa place dans cette élection ? « J’ai pensé à mon père, il n’aurait pas aimé que j’arrête. Il prenait des risques et il allait toujours au bout de ce qu’il entreprenait. » Alors Karl s’accroche et continue.
Il ne s’est jamais rêvé Mister Tahiti. « Je pensais que pour avoir ce titre, il fallait être très musclé et faire polynésien. Je suis demi, j’ai des origines chinoises par ma mère et marquisiennes par ma grand-mère paternelle. J’avais vu les critiques quand Ravahere Silloux a été élue Miss Tahiti. J’avais peur d’avoir les mêmes. » Et ça n’a pas raté, mais Karl apprend à faire avec. « Je défends la diversité culturelle. Les gens voient ma tête et disent que je suis trop chinois, mais ils ne connaissent pas ma vie. Je suis né et j’ai grandi à Tahiti, et une partie de ma famille est Marquisienne. On est tous des Polynésiens métissés. Heureusement, j’ai aussi eu beaucoup de félicitations. Et Moorea était à fond derrière moi, ça m’a fait du bien. » Finalement les critiques…



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