Il n’a pas encore exposé sur le territoire, mais depuis 2024, Heimata René Grand présente ses œuvres sur les réseaux. Son travail est suivi par plus de 5 000 abonnés. Ce qui n’était au début que le passe-temps d’une convalescence imposée est devenu un besoin pour l’artiste.
«Comment décrire mes tableaux ? Je parlerais de motifs polynésiens que je reprends à ma manière », répond Heimata René Grand. « Mais je crois qu’on a tous notre style qui se construit en fonction de nos goûts et nos idées. »
L’artiste, militaire de carrière, marie des symboles noirs, bleus, verts sur des fonds blancs ou parfois colorés. Ses œuvres ont différentes tailles et sont en dépôt à la galerie Walk of art, située rue du Commerce à Papeete. Il n’a pas encore exposé et ne se sent pas prêt dans l’immédiat pour un tel projet. Mais il a une communauté grandissante de followers qui apprécient son travail sur
TikTok.
Un jour, il s’est engagé
Tout cela a commencé par hasard. Heimata René Grand s’est inscrit à l’université en lettres et littérature française. « Mais ce n’était pas vraiment mon truc », avoue-t-il. Il est allé en Nouvelle-Zélande suivre des cours dans une école de langue pour apprendre l’anglais. « Je devais y rester trois mois, j’y ai passé un an. L’une de mes plus belles années », se rappelle-t-il. Il aurait aimé être professeur de sport mais, apprenant qu’il fallait aller en métropole pour y parvenir, a renoncé. Puis, un jour, il s’est engagé. Il a quitté le territoire en 2012 à l’âge de 22 ans. « Mes proches pensaient que je rentrerais quelques mois plus tard, je viens de tout juste de rentrer. »
Le dessin, puis la peinture se sont immiscés il y a peu dans sa vie. L’art a pris une place de plus en plus grande sans prévenir. « Je pensais que cela ne durerait que quelques jours », assure-t-il. En 2023, Heimata René Grand était en mission à Mayotte. « J’appartenais à une unité d’intervention, nous étions là-bas pour prêter main forte. » Blessé, il a dû rester en convalescence pendant deux semaines. « Je ne pouvais pas passer tout ce temps sans rien faire, j’ai demandé un crayon et un cahier de brouillon. » Il a regardé un peu ce que faisaient les tatoueurs polynésiens. « Ce sont les motifs qui m’attiraient », précise-t-il. Il s’est ensuite appliqué à les reprendre. « J’ai constaté que cela



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