On le connait sous son surnom : Kiki. Il rame avec l’équipe vétéran To’atai, avec qui il a déjà remporté quelques courses, notamment le Marathon de Polynésie La 1ère. C’était pourtant le vélo son sport de prédilection, mais un accident a tout changé.
La force de Kiki, c’est son état d’esprit. Joyeux, amical, souriant, toujours dans l’autodérision… Et c’est sans doute grâce à cet optimisme contagieux qu’il a survécu à ce grave accident de la route. C’est un grand sportif, un sprinteur en vélo, entraîné durement par son père, lui-même cycliste et président de la section cyclisme de Vaiete : « L’entraînement est difficile pour des compétitions faciles, c’est ce qu’il disait ! » De quoi lui forger un mental d’acier. Et puis le sport, il adore ça : football, handball, motocross. C’était sa drogue. D’ailleurs, il se fait un peu disputé par sa mère qui trouve qu’il n’est pas souvent à la maison. Mais un accident, à ses 16 ans, coupe net cet élan. En scooter, il glisse sur une plaque d’huile. Sa jambe droite est toute cassée, son bassin aussi, il perd beaucoup de sang. « J’avais cette image du film Platoon, où un militaire s’accroche à l’herbe en rampant pour tenter de survivre. Je m’accrochais moi aussi. » À l’infirmière qui lui fait un point de compression à l’aine, il lui demande d’arrêter, il a mal. Elle lui dit : « Chéri, je ne peux pas arrêter, il faut que j’appuie. » Ce sera les derniers mots qu’il entendra avant de tomber dans les pommes. L’équipe médicale le fait dormir avec de la morphine, ce qui lui vaudra un autre surnom : « Le chantier et le camé. » « J’étais branché de partout, avec des barres en fer qui me sortaient du corps et la morphine était censée m’endormir pendant trois jours, mais je me suis réveillé au deuxième », raconte-t-il en rigolant.
Et pourtant, les médecins ne sont pas optimistes et disent à ses parents de se préparer au pire, mais il survit. Les épreuves sont loin d’être terminées. Avec Kiki, l’apitoiement n’existe pas. Il passera deux années à l’hôpital et très exactement un an, trois mois et dix-sept jours allongé, sans même pouvoir s’asseoir. Un mental d’acier. Il est ensuite en fauteuil roulant et le voilà en train de faire des courses et du wheeling. Lors d’un week-end qu’il passe à la maison, il perd l’équilibre et casse à nouveau la jambe. Non, ce n’est pas une blague. Aujourd’hui, il rigole de ses mésaventures… Quand il peut enfin remarcher, c’est avec deux béquilles. Mais…



Comments are closed