C’est le message qu’elle a porté toute cette année et aussi celui qu’elle s’est efforcée de suivre : oser se révéler. Il y a eu les moments de doutes, la déception parfois, mais elle retient sa capacité à toujours rebondir, tenter, profiter et s’amuser. Et ce n’est pas fini ! Temanava Domingo va couronner une nouvelle Miss Tahiti, mais elle a déjà des nouveaux projets en route.
Comment vas-tu aujourd’hui ? Contente ou triste de rendre ta couronne ?
Je vais très bien ! Et la couronne, je la garde ! (Rires) Mais j’ai hâte de couronner notre future Miss Tahiti parce qu’aujourd’hui, je fais partie de cette famille. Je vais donc avoir la chance et l’honneur de couronner une autre jeune femme. Je ne parlerai pas de tristesse pour parler de la fin de cette année, mais un mélange entre nostalgie et reconnaissance. J’ai vécu beaucoup de choses en un an. Ma vie a été intense, rythmée.
C’est ce à quoi tu t’attendais ?
Ah oui ! Je me suis préparée et j’étais prête pour ça. Je savais que pendant un an, j’allais me consacrer entièrement à Miss Tahiti. J’ai eu la chance de pouvoir me rendre pleinement disponible pour ce titre. Mais je sais que de belles choses m’attendent, donc je profite du présent et du reste de cette année.
Quel regard portes-tu aujourd’hui sur l’aventure Miss France ?
Il y a eu de la déception, mais ce n’est pas ce que je retiens. C’est plutôt le fait d’avoir réussi à rebondir derrière dont je me rappelle. Et puis j’ai adoré cette aventure ! Du début, jusqu’à la fin : de l’arrivée à Paris, au déplacement en Côte d’Ivoire, jusqu’à toute la soirée de l’élection et l’after. Je n’ai pas eu ce stress ou cette peur de mal faire ou encore de ne pas être à la hauteur, parce que j’ai donné le meilleur de moi. Parfois, on n’a pas ce qu’on veut, mais il y a sans doute autre chose qui m’attend. Ce n’était peut-être pas ce dont j’avais besoin. J’ai quand même ma couronne de Miss Tahiti et c’est un très, très beau titre.
Quels ont été les meilleurs moments de cette année ?
Le couronnement déjà. C’est incroyable quand on annonce ton numéro. Le 5 ! Ah là là, j’ai adoré. C’est devenu mon chiffre préféré. Je voulais faire de nouvelles rencontres et j’en ai fait énormément. J’ai créé des liens forts. C’est vraiment les plus beaux cadeaux qu’une Miss Tahiti puisse recevoir. Je veux aussi parler des moments de doute, de peur, de tristesse. Finalement, ils m’ont vraiment aidée à me surpasser et à mieux me connaître. Ces moments font partie du jeu. Et puis les voyages dans les îles… Récemment, j’étais à Marutea, une île inhabitée. C’était incroyable. J’ai vécu des choses que je n’aurais peut-être jamais vécues si je n’avais pas osé me présenter à Miss Tahiti.
Et des moments de doute ?
Quand tu es attendue quelque part, que tu n’as pas ta couronne, que ton maquillage n’est pas terminé, que ta coiffure ne va pas et que tu dois y être dans dix minutes. Ce sont les pires moments parce qu’il y a beaucoup de stress. (Rires) Et puis l’après-Miss France. Quand la pression est redescendue, il a fallu reprendre ses marques et repartir. Finalement, Miss France était mon objectif, alors une fois que c’est passé, je ne savais plus trop ce que je devais faire. Ça a été un long moment de réflexion.
Est-ce qu’il y a des choses que tu changerais, que tu ferais autrement ?
Je ne peux pas changer ce que j’ai vécu, mais j’ai appris à m’écouter davantage. Parfois, je sais faire confiance à mon intuition mais à d’autres moments, je vais aller vers les autres, demander leur validation… alors que la réponse, c’est nous qui l’avons. J’ai tellement profité de cette aventure. C’était beau !
Quelles ont été les plus belles découvertes ?
Les Marquises. J’ai toujours eu envie d’y aller et j’y suis allée en tant que Miss Tahiti. C’était une action de solidarité, nous avons distribuer des sacs Toyota, mais c’était aussi pour montrer qu’ils étaient importants. J’ai adoré ! Maupiti aussi est un voyage qui m’a marquée. Le premier dans les îles en tant que Miss Tahiti. Parfois, je regarde les photos et je pleure ! Nous avons participé à la pêche aux cailloux. Et ça m’a touchée car c’est un de mes objectif : réussir à me reconnecter à mes racines, à ma culture.
Des aventures inattendues ?
Ma voiture ne passe pas vraiment inaperçue avec le sticker Miss Tahiti. On me klaxonne… Et un jour, une autre voiture roulait à côté de moi et restait à ma hauteur. J’ai fini par le regarder et il m’a fait signe qu’il voulait une photo. On s’est arrêtés sur le bas-côté pour faire la photo ! Dès fois, dans la rue, je peux enchaîner les photos, jamais je n’aurais pensé qu’un truc comme ça m’arrive. C’est assez incroyable et ça reste des surprises. Cette année, elle a été quand même de bout en bout unique !
Et les retours des personnes qui ont suivi ton année ?
Des critiques, j’en ai eu quelques-unes, mais tout le monde a été hyper bienveillant. Je pense que c’est grâce à ce message que j’avais depuis le début. Un message qui venait du cœur. Je suis restée moi-même.
Et des rencontres ?
Il y a eu des rencontres inattendues aussi, des amitiés qui sont nées. Maëva Coucke (Miss France 2018, ndlr) a été une très belle rencontre. C’est elle qui m’a couronnée. On a gardé ce beau lien et j’en suis très contente.
Qu’est-il prévu pour l’après-Miss Tahiti ?
J’ai plusieurs projets qui sont en train de se mettre en place. J’ai lancé mes ateliers où j’accompagne les femmes à se révéler. C’était mon message : oser se révéler. Aujourd’hui, j’aimerais transmettre ces clés, mon expérience de mannequin et de Miss Tahiti, pour qu’elles aussi puissent prendre leur place, marcher avec confiance et puis vraiment travailler cette posture intérieure. Je leur apprends le catwalk. Travailler le corps permet de s’ancrer et de prendre de l’assurance. Le catwalk est un outil pour moi. Je ne suis pas là pour dire aux femmes : « Vous devez marcher comme ci, comme ça ». Non, c’est un exercice pour se libérer. Au départ, tu marches et puis petit à petit, tu prends ta place, tu oses. J’ai eu des retours incroyables. Ces ateliers sont mon premier vrai projet d’entrepreneuriat. Je vais aussi lancer une marque de cosmétiques. Mon père a créé une huile corporelle et ma mère, un gommage, des produits que j’utilise tout le temps et aujourd’hui, j’ai envie de les commercialiser. Et je vais évidemment accompagner la prochaine Miss Tahiti. C’est mon rôle.
Tu as plein de projets et d’idées ?
Miss Tahiti et Miss France m’ont aidée à oser me révéler ! Tout cet apprentissage, cette expérience. Il faut aller au-delà de ses limites, de ses croyances. Il faut aller vers ce qui nous fait peur. La vie est un jeu ! Il faut s’amuser, tenter, en profiter ! Bien sûr que ça fait peur. Mais je sais que si je n’avais pas osé, je n’en serais
pas là.
Article rédigé par Lucie Rabréaud
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