C’était le 28 septembre dernier, les hine de Ihilani va’a étaient les premières à franchir la ligne d’arrivée de la Na Wahine o Ke Kai à Hawaii. Un exploit ! Elles sont le premier équipage féminin tahitien à s’imposer sur cette course, 5h51’04 pour 66 kilomètres. Le résultat de plusieurs années de travail, d’entraînement et d’entêtement.
Difficile de connaitre les résultats des filles sur les courses de va’a… C’est comme ça depuis toujours, mais le vent est peut-être en train de tourner. Les filles de Ihilani va’a ont un mental d’acier, un physique de combattantes et sont bien décidées à changer les choses. Ras-le-bol de ne voir que les hommes ! Surtout qu’il y a de quoi faire les gros titres : elles ont été les premières Tahitiennes à s’imposer devant les Hawaiiennes sur la Na Wahine o Ke Kai, l’équivalent de la Molokai pour les femmes. Un sacré exploit. On commence tout de même à parler d’elles et surtout le public s’agace de ne pas avoir de nouvelles de leurs championnes. Le club Ihilani va’a a été créé dans les années 1980 par le père de Gary Wong, aujourd’hui le président et le coach. Son père est un constructeur de pirogues et menuisier. Il monte un club de va’a pour ses travailleurs que les filles du quartier rejoignent. Aujourd’hui, le club compte des femmes, des jeunes, des para, mais pas d’hommes en seniors : « Tant mieux ! », rigolent les filles, même si le club cherche très sérieusement à recruter, peu importe l’âge ou le genre. S’il y a autant de femmes dans ce club de Pirae, c’est grâce à Vaimiti Maoni. Elle a ramené toutes ses copines, qui à leur tour ont ramené leurs copines, etc… Et voilà ! Et le bouche-à-oreille marchant très bien, les filles ont vite su que c’était là-bas le spot.
Toutes sont les bienvenues ! Mais pour celles qui veulent se lancer dans la compétition, il faudra être motivées : les entraînements sont à 4h du matin, il faut revenir le soir, et le week-end elles font du « long ». Et c’est Vaimiti Maoni qui coache tout ce beau monde. « En 2020, l’objectif était de promouvoir le va’a au féminin. À l’époque, j’étais une des seules licenciées. Pour les compétitions, j’étais souvent prêtée à une autre équipe. Gary m’a dit : “Ça suffit, monte ton équipe”. »
Matin et soir sur l’eau, parfois dans la salle pour du renforcement : « Ce sont des sacrifices car pendant ce temps, elles ne sont pas avec leur famille. » Des sacrifices, mais aussi un esprit d’équipe, une solidarité entre elles qui se renforcent dans les moments difficiles sur l’eau. La glisse, l’effort, parfois la victoire, parfois la défaite : les joies du sport. Ramener le trophée de la Na Wahine o Ke Kai était « magique, merveilleux », des moments « remplis d’émotions ». Puis quelques semaines plus tard, la déception de la Hawaiki Nui Va’a où les Hawaiiennes passent devant : « C’est comme ça qu’on évolue. C’est bien qu’elles soient là, parce qu’elles relèvent le niveau. Elles nous poussent à être…



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