Elle vit entre Tahiti et Ua Huka et a dédié sa vie à la protection de l’environnement, plus particulièrement des oiseaux. Mais comme protéger les oiseaux, c’est finalement protéger la nature, la culture, les hommes, alors autant dire qu’elle est vouée à l’environnement tout entier. Une vocation arrivée avec le besoin de renouer avec ses racines.
« Je travaille comme chargée de communication chez la SOP Manu depuis environ deux ans. Mais je viens d’une autre association de protection des oiseaux : Vaiku’a à Ua Huka. Notre but est de sauver la perruche bleue qu’on appelle pīhiti (le Lori ultramarin). Nous sommes les premiers à avoir ramener un chien détecteur de biosécurité. L’association existe depuis 2014 et c’est en 2019 que j’ai commencé à travailler pour eux. C’est ma mère, co-fondatrice de Vaiku’a, qui m’a demandé de les rejoindre. Cela faisait très longtemps que j’avais quitté mon île. À mes 10 ans, je suis partie à l’école à Nuku Hiva, puis après à Tahiti avec le lycée, l’université où j’ai suivi des études en LEA, et où je suis restée puisque j’avais trouvé un travail. En 2020, j’ai démissionné et je suis rentrée. J’avais besoin de revenir aux sources ! Là-bas, j’ai rencontré le botaniste Jean-François Butaud. Ça a été un électrochoc. Il connaissait les plantes, leur nom en marquisien, les montagnes, où trouver les oiseaux… Il connaissait mieux mon île que moi. Je suis née et j’ai grandi à Ua Huka, mais je ne savais rien de tout ça. J’ai commencé à travailler pour Vaiku’a : préserver mon île, protéger le pīhiti qui n’existe nulle part ailleurs qu’ici, avoir un impact positif sur l’environnement, en apprendre tous les jours. J’ai rencontré plein de gens, j’étais plus proche de la population, eux qui connaissent si bien l’île.
Petite, j’aimais beaucoup les animaux, on avait une vache, des chevaux, des chèvres, des lapins, des canards, des cochons et je m’occupais d’eux tous les jours. Leur donner à manger était le meilleur moment de ma journée. Mais les oiseaux, je ne les connaissais pas du tout. Ce n’est pas des choses qu’on apprend à l’école. D’ailleurs, quand je vais dans les classes aujourd’hui, les enfants sont capables de me dire à quoi ressemble un zèbre ou une girafe, mais sont incapables de me décrire un oiseau de chez nous. S’ils ne connaissent pas nos animaux, comment pourraient-ils les protéger…



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