Temehara Tehaapapa a baigné dans l’art : un père dessinateur, architecte, très bon musicien, une mère passionnée de peinture à l’huile et une enfance sans Internet, ni smartphone. L’ennui : c’était le moment de prendre les crayons et du papier et de laisser aller ses idées…
Temehara Tehaapapa a été poussée à dessiner. À ses questions : « J’sais pas quoi faire… J’m’ennuie ! » La réponse était souvent : « Dessine ! » Avec deux parents amoureux de l’art et de la peinture, c’était une évidence. Mais par contre, pas question de devenir artiste : ce métier-là n’existait pas, c’était vivre dans la misère toute sa vie et devenir célèbre une fois mort. « Van Gogh, quoi ! », rigole Temehara. Elle fait donc des études de droit, mais arrête rapidement pour travailler sur des chantiers. Elle fait tout : le béton, les murs… « J’ai appris sur le tas. C’était difficile physiquement. J’ai fini par gérer des chantiers toute seule, il fallait se faire sa place parmi les gars. Après, j’ai été hôtesse sur les yachts pendant un an. » Et puis elle devient secrétaire à l’imprimerie Ferrand où elle travaillera pendant treize ans, jusqu’à la fermeture pendant la crise de la Covid. Tous ces boulots, ce sont les « hasards de la vie », dit-elle aujourd’hui.

Au moment de la Covid, alors que tout le monde est enfermé à la maison, Temehara se met à faire du ménage. « Au bout de quelques jours, je suis tombée sur les toiles et les pinceaux de ma mère. Je suis allée sur YouTube chercher des tutos et c’était partie ! » Elle se replongeait à nouveau dans les délices du dessin et de la peinture. Avec le travail, elle n’avait pas vraiment trouvé le temps pour l’art…


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