« Et si la mer avait une voix, que nous dirait-elle ? » Voilà la question à partir de laquelle Manuia Heinrich a construit son premier livre, Salt Water Blood. Vendu aux enchères, puisque plusieurs éditeurs voulaient s’en occuper, il va être distribué à partir de novembre. « Tahitienne-chinoise », comme elle se décrit, elle a grandi en Nouvelle-Calédonie et est aujourd’hui installée en Nouvelle-Zélande où elle vit de l’écriture.
Comment es-tu arrivée à l’écriture ?
J’adore lire ! Dévorer des livres m’a donné envie d’en écrire, mais entre le boulot et le quotidien, j’ai mis du temps à m’y mettre.

Salt Water Blood est l’histoire d’adolescents lancés dans une quête pour sauver l’un d’entre eux, c’est un thriller avec des éléments fantastiques. Comment est née cette histoire ?
Tout est parti d’une question : que nous dirait la mer si elle nous chuchotait à l’oreille ? L’océan est comme une mère. Elle nous rassemble, nous nourrit et elle a « subi » les essais nucléaires en Polynésie. Si elle avait une voix, que nous dirait-elle sur tout ça ? Sur notre attitude face à l’environnement ? Il me semble que comme Moemoana, le personnage principal de Salt Water Blood, nous avons tendance à faire la sourde oreille aux avertissements que nous donne la nature sur la pollution, le réchauffement climatique, etc. Dans ce livre, je voulais lier une affaire de meurtre à cette problématique.
Et comment s’est passée l’écriture ?
J’ai écrit le premier jet en un mois, alors que j’étais au chevet de ma maman malade. C’était une période difficile pour moi et écrire m’a permis de tenir bon. Par la suite, j’ai révisé mon manuscrit pour pouvoir le soumettre à des agents littéraires aux États-Unis.
Et ce livre, tu l’as vendu aux enchères aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande. Ce qui signifie que ton manuscrit intéressait plusieurs maisons d’édition ?
Oui, c’était une énorme surprise ! Mon agente m’avait prévenue que mon manuscrit pouvait rester des mois, voire des années, chez des éditeurs sans que l’on ait de réponses et qu’il valait mieux écrire un autre livre en attendant. C’est une stratégie courante. Mais à peine une semaine plus tard, on avait des demandes de meetings ! Au total, huit éditeurs des plus grandes maisons d’édition aux États-Unis ont fait des offres. Le jour des enchères, je me suis levée à 3h du matin, heure de Wellington (la mi-journée à New York), pour étudier les offres avec mon agente et décider qui garder pour le tour suivant de l’enchère (en 3 étapes). À 9h, j’avais sélectionné une offre qui m’a changé la vie. J’ai envoyé un message à mon frère, j’étais en larmes. Et je suis allée fêter ça en mangeant une glace avec ma famille, complètement HS, mais tellement heureuse. Deux semaines après les États-Unis, une autre enchère a eu lieu avec quatre maisons d’édition pour le marché Australie/Nouvelle-Zélande. J’étais sur un nuage à l’idée de publier chez moi, dans le Pacifique, et de pouvoir un jour voir mon livre dans la librairie du coin. Un rêve sur le point de se réaliser car il sort en novembre !
Et depuis, tu vis de l’écriture ? Raconte-nous la vie d’un écrivain !
Je traite cette activité comme un travail normal. Éditer un manuscrit prend du temps, et il y a plusieurs étapes avec mes éditrices, des relecteurs, etc. En amont, mes équipes de publication et moi travaillons sur la promo du livre, le choix du design de la couverture, les événements littéraires à venir… Plein d’étapes excitantes, mais qui…


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