Après les images des îles, il est passé à des œuvres plus engagées, des toiles avec des messages doubles, montrant son attachement à son pays, son envie de faire réfléchir. Près de 45 ans qu’il est artiste, il a grandi entouré de pinceaux, de toiles, de crayons, de papier et finalement créer, c’était comme marcher, une activité naturelle.
Sa carrière d’artiste a commencé sur les bancs de l’école alors qu’il caricature ses professeurs, que les dessins tournent en douce entre les copains et qu’il se fait bien évidemment attraper. Puni. Confisqué ! « Je croise parfois mes anciens professeurs et ils m’en parlent. Ils ont toujours ce dessin de moi et sont finalement fiers de voir que je suis devenu un artiste. Ils ont une de mes œuvres, mais elle n’a pas été acquise à la loyale », rigole Évrard Chaussoy, les yeux encore brillants de ce souvenir. Très jeune, on l’a toujours encouragé à dessiner. Son talent transpirait déjà. « On me disait que ce que je faisais était beau alors évidemment, je voulais continuer. » Un père artiste peintre, fondateur de la maison Arii Création, un frère artiste, une nièce artiste. Tous s’en sont allés, mais Évrard est là, avec cette volonté chevillée au corps de faire vivre cette passion familiale pour la création et l’art. L’envie aussi de s’exporter, de faire connaître son travail en dehors des frontières polynésiennes, montrer qu’au fenua, petites îles au milieu du Pacifique, on a du talent et des idées. Et ça commence à marcher… C’est lui qui a sculpté la Marianne polynésienne exposée au Sénat. La sculpture : un art arrivé presque par hasard.
Il est avant tout peintre, mais a toujours voulu promouvoir son pays. Il avait cette idée d’un monument, symbole de la destination. La Tour Eiffel à Paris, la statue de Duke Kahanamoku à Waikiki Beach, et en Polynésie alors ? Avec un copain, ils refont le monde autour d’un verre et parlent de cette idée. « On s’est mis à réfléchir… Une sculpture ok, mais pour faire quoi ? Un artiste ? Alors lequel ? Bobby ! On a déliré sur une statue de Bobby en bronze qui ferait trois mètres de haut. » Quelques jours plus tard…



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