C’est ça qui l’intéresse : la vie de celui ou de celle que personne ne voit. Alors qu’on a tous une idée déjà bien arrêtée sur le voisin, elle s’amuse à dévoiler sa profondeur, son quotidien, ses combats, et tous nos préjugés volent en éclat. Aujourd’hui, c’est grâce à ses photos, mais bientôt peut-être aussi grâce à ses films et ses écrits…
«Photographe pour mon studio Mārama est ma principale casquette, mais c’est vrai que je fais beaucoup de choses parce que tout m’intéresse. Dès le collège et le lycée, c’était comme ça. J’étais une très bonne élève, une première de la classe. J’aimais autant les maths, que le français, la sociologie, la physique, mais aussi les matières artistiques. On m’a orientée vers la filière S puis ensuite une prépa que j’ai faite à Paris, c’était très dur, et enfin l’école d’ingénieur. Pendant ces études, je n’avais le temps de rien et ça a été très dur d’arrêter tout ce que j’aimais, je me suis donc achetée mon premier appareil photo, mon seul plaisir. Très vite, j’ai su que je voulais faire que de la photo, mais j’ai d’abord terminé mes études, en suivant aussi une spécialité en management, avant de me lancer à mon compte. J’ai commencé par proposer des photos de mariage. J’adore ça, mais c’est très exigeant : il faut comprendre le couple, sentir leur énergie. Certains sont introvertis, d’autres tout le contraire, il faut s’adapter. Et puis ce sont des photos qu’ils vont garder toute leur vie, il y a donc un peu de stress, mais pas question de le leur faire subir. Je fais aussi des photos de famille, de grossesse, d’amis… Je ressens les choses assez intensément et j’aime créer une connexion particulière avec les gens. C’est d’ailleurs un élément clé.
La photo m’a beaucoup aidée à accepter ma propre image. C’est à mes 18 ans qu’un photographe professionnel a fait mon portrait pour la première fois. Je devais poser devant quelqu’un que je ne connaissais pas et finalement, quand j’ai vu le résultat, je me suis trouvée jolie. J’ai envie de faire vivre cette expérience aux autres. J’ai aussi entraîné mon chéri dans une séance photo, je voulais qu’on ait de belles images de nous deux. Les selfies et les photos prises avec le téléphone c’est bien, mais ce n’est pas du tout pareil d’avoir des photos avec un regard de professionnel. Au moment de la Covid, je suis rentrée à Tahiti et j’ai fini par ouvrir mon studio Mārama. Je continue à faire des photos de famille, mais je fais aussi des photos d’architecture, de tourisme, d’événements culturels, sportifs ou institutionnels. J’ai suivi…



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