On le connaît sous le nom de Nohotatau. C’est après son passage dans l’armée qu’il s’est lancé dans le tatouage, quittant tout du jour au lendemain, se retrouvant même à dormir dans sa voiture. Il passe de militaire, à soudeur, à quasiment SDF, pour finalement devenir tatoueur polynésien.
Six ans qu’il s’est mis à tatouer. Encouragé par un mentor rencontré après l’armée. Et Nohoarii Goché n’avait pas de temps à perdre : « J’ai tout quitté du jour au lendemain et, lors de mon apprentissage, je me suis retrouvé à dormir quelques mois dans ma voiture. Bercé par la culture polynésienne depuis l’enfance, le tatouage s’est inscrit naturellement dans la continuité de mon parcours. » Il a donc tout quitté pour se consacrer à cet art. Quelque chose qu’il connaissait déjà puisque plusieurs membres de sa famille sont tatoueurs et sculpteurs. Une immersion dès l’enfance qui a fini par véritablement éclore à l’âge adulte. Aujourd’hui, il dit avoir développé « une identité artistique reconnue » : « À force d’effort et de recherche dans la création, j’ai réussi à trouver mon propre style : le néo-polynésien. » Il propose une lecture contemporaine des codes et des symboles traditionnels. Avec toujours ce respect des traditions, des motifs, des significations… « Les motifs polynésiens ne s’inventent pas : on peut les retravailler, les adapter ou les moderniser, mais leur essence et leur sens doivent être respectés. J’évite donc de mélanger des éléments qui n’ont rien à voir avec le polynésien. À l’inverse, il m’arrive de moderniser fortement le tatouage polynésien, tout en respectant les codes et la symbolique des motifs. »

Photos : DR ©
Avant chaque tatouage, il discute avec ses clients, essaye de comprendre leur histoire, leurs objectifs à travers ce tatouage qu’ils souhaitent. « C’est un rituel simple, mais important, qui m’aide à créer un tatouage unique dans le respect des traditions. » Il dessine à main levée sur la peau, jamais de dessin à l’avance, jamais de copié-collé, toujours une création inspirée de l’histoire et l’identité du client. C’est sur lui-même qu’il a appris : « Il n’existe pas de meilleur entraînement que de se tatouer soi-même : c’est la seule manière de comprendre réellement l’épreuve que l’on fait traverser à ses clients, autant physiquement que mentalement. » Son bras gauche et sa jambe gauche sont aujourd’hui entièrement noirs, « full black » comme il dit. Il parle « d’un sacrifice volontaire, d’un choix conscient lié à mon…



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