Crâne rasé, grandes boucles d’oreille dorées aux oreilles, chaussures pointues à talon, un haut laissant le dos nu et des manchettes. Il ne passe pas inaperçu et quand il arrive, les conversations s’arrêtent, les regards se tournent vers lui. Voilà, c’est Tam !
Tamatoa Teriierooiterai s’est choisi un diminutif tout simple comme nom d’artiste : Tam. C’est ce qu’il cherche : la simplicité, le minimalisme. Son style est élaboré et sophistiqué mais effectivement, rien de trop, juste ce qu’il faut. Et pourtant, ça claque et d’ailleurs personne n’est indifférent. Quand il passe, les gens arrêtent leur conversation et le regarde. Discrètement. « C’est mon style. Quand je me regarde dans le miroir et que j’aime ce que je vois alors je suis prêt à affronter ma journée. » La mode comme une armure. Depuis tout petit, Tamatoa aime les vêtements. Il n’a pas de poupées avec lesquelles jouer alors il habille et apprête ses petites cousines. Sa mère comprend vite ses préférences, les accepte et lui offre une machine à coudre. À l’époque, il n’est pas très patient et il laisse vite tomber : trop compliqué. Mais il continue à dessiner des croquis et la photo arrive. Il se coiffe (à l’époque, il a encore des cheveux), se maquille et fait des photos. Il est devant et derrière l’appareil. « Ça m’a aidé à faire mon coming-out, surtout vis-à-vis de mon père. Il me connait depuis tout petit, mais j’avais envie qu’il me voit comme j’étais vraiment. » Les bijoux, le maquillage, oui c’est pour les photos. Et puis petit à petit, il devient celui qu’il rêvait d’être.
Tamatoa est cash : « Je suis māhū. Un homme efféminé. » Et c’est grâce à l’art qu’il créé sa place. « Je n’ai pas envie d’être dans une case. Fuck all that and be yourself! » éclate-t-il de rire. La mode et la photo lui permettent de dire des choses quand les mots sont insuffisants. « Avec mon style, j’affirme qui je suis, au premier regard on sait ! » Après son Bac STD2A, il continue à créer, mais travaille aussi avec ses parents. Traiteur sushis. « Je suis chanceux, car ma sœur, mon frère et moi, on n’a jamais manqué de rien. On ne roule pas sur l’or, mais on est heureux. Je les aide à faire les sushis, c’est un moment partagé avec mes parents. Ils m’ont appris à voir la beauté dans les choses les plus simples. » En 2023, il créé la tenue végétale d’une candidate à Miss Tahiti, l’année suivante, il fait la tenue végétale et la tenue de gala d’une autre candidate. « C’était de l’apprentissage. » La fabrication, l’humain, le stress d’une élection : il apprend. Grâce à ces événements, il rencontre Manuarii Teauroa. Et quand il arrive à la Cité internationale des arts à Paris pour suivre le programme de résidence d’artistes Firi Anoihi, c’est ce nouvel ami…



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