Un sacré grand écart ! Elle était ingénieur dans une grosse entreprise parisienne dans le bâtiment et est aujourd’hui responsable des opérations stratégiques dans le groupe familial qui a lancé deux entreprises : Tahiti Marine Product et Tahiti Marine Biotech. Du béton des grandes villes aux lagons de la Presqu’île…
«Mon père a créé deux sociétés : Tahiti Marine Product et Tahiti Marine Biotech. La première en 2020 pour la partie aquacole et la deuxième en 2023 pour la partie recherche et développement. Je les ai rejointes en mars 2024. Ma sœur y travaille aussi. Pour mon père, c’était important que l’on s’implique et c’est une fierté de perpétuer ce qu’il a commencé. C’est quelque chose qu’il avait en tête depuis longtemps. Il a eu un cancer en 2011 et a cherché quelque chose pour le soulager des problèmes digestifs et glycémiques. C’est à l’étranger qu’il a trouvé des gélules à base de concombres de mer qui lui ont fait du bien et les médecins ici qui le suivent ont effectivement constaté des améliorations. Il a trouvé ça incroyable. Il se souvenait bien sûr en avoir mangé petit et on lui disait toujours que c’était bon pour sa santé. Au même moment, le Pays avait lancé un appel à projets pour préserver des espèces de rori en voie de disparition. Avec un expert de Nouvelle-Calédonie, ils y ont répondu et se sont retrouvés à concevoir un élevage de rori à mamelles en aquaculture. C’est comme ça que tout a commencé.
Pendant ce temps-là, moi, je travaillais à Paris comme ingénieur en bâtiment. J’ai toujours voulu être ingénieur. J’aime les sciences, surtout les maths. Pendant mes stages d’étude, je me suis retrouvée dans le bâtiment et ça m’a plu. Je suis restée onze ans en France et sept ans à Paris. C’est à partir de la Covid que j’ai commencé à avoir envie de rentrer. J’avais besoin de nature, de famille, et puis je trouvais les projets de mon père à la fois dingues et très intéressants ! Il me disait que quand je reviendrais, je les rejoindrais, qu’ils avaient besoin de moi. Quand je suis rentrée, j’ai commencé par aller dans la partie aquacole pour me former. J’ai tout observé, en essayant de comprendre, en réalisant à quel point c’était difficile. On travaille avec le vivant et c’est une première d’élever ces deux espèces de rori à mamelles (l’holothuria fuscogilva et l’holothuria whitmaei). C’est plein de challenge et il ne faut pas baisser les bras. J’ai rencontré l’équipe de Recherche et Développement. C’est un travail très physique car…



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