Sa carrière de peintre, c’est comme ça qu’elle l’appelle : « sa deuxième vie ». Miri Aunoa a travaillé à la banque pendant trente-cinq ans. Elle n’a jamais oublié sa passion du dessin et de la peinture, mais la maison, la famille et le travail ne lui ont pas laissé le temps de prendre les pinceaux. Mais ça y est, du temps elle en a. Et elle peut enfin peindre autant qu’elle veut.

Photo : Tevahitua Brothers ©
Ce jour-là, Miri est particulièrement heureuse. Hier soir, elle a vendu un tableau et ce matin, elle est allée donner l’argent de la vente aux pêcheurs de l’association Tamari’i Rava’āi nō Punaauia. Lors de la dernière grosse houle, leur ponton a été détruit et elle voulait les aider à le reconstruire. « Je ne savais pas qu’une vingtaine de familles dépend de leur activité. On ne se rend pas compte… » Et de voir leur sourire quand elle leur a donné l’enveloppe lui a rempli le cœur. C’est aussi pour ces moments-là qu’elle peint. Cette toile qui représente une tortue par exemple, c’est une commande d’une amie dans les Tuamotu qui veut sensibiliser les habitants de l’île à la préservation de l’espèce. Elle peint d’après des photos. Des images qui lui ont tapé dans l’œil et qu’elle veut reproduire. « L’art doit faire rêver. Ça permet de t’évader, de transcender, de sublimer la réalité. » Elle peint quand ça lui prend ! Elle enfile de vieux habits, met son tablier, choisit une playlist parce que « la peinture, faut que ça swing », installe tous ses « trucs », respire et se lance. « C’est comme une méditation. Il faut de la technique bien sûr, mais la peinture c’est un moment tranquille. Je peux y passer plusieurs heures, c’est quand la lumière change que je me rends compte qu’il est tard. »…



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