Heimoana Metua est la chef de la troupe Teva i Tai, les gagnants en catégorie Hura Tau du Heiva i Tahiti. Dix ans que le groupe de danse de la Presqu’île participait sans réussir à attraper cette première place. Troisième en 2015, deuxième en 2017, pas de podium en 2019, troisième en 2022 et enfin premier en 2025. Un aboutissement et le début de nouvelles aventures.
Quel est ton état d’esprit après cette victoire de Teva i Tai en Hura Tau ?
Je ne m’en rends pas encore compte. Nous avons gagné, oui, mais j’ai l’impression de ne pas encore réaliser ce que ça représente. Gagner au Heiva i Tahiti, c’est une grande victoire pour la Presqu’île car ça fait plusieurs années qu’on essaye de rivaliser avec les grands groupes de la ville. Et on a l’impression de manquer la marche de peu à chaque fois. Mais on a toujours appris de nos Heiva. Je n’ai jamais pris ces résultats comme des échecs. C’est un apprentissage. Et à chaque bilan avec le jury, je demandais quelles avaient été nos faiblesses. De Heiva en Heiva, on essaye de s’améliorer, on apprend de nos erreurs. Cette année, nous avions vraiment envie de gagner.
Tu pensais que ce spectacle avait du potentiel ?
Le thème était fort. La résilience, c’est quelque chose qui est personnel et très universel. Notre auteur (Valérie Gobrait-Tuaiva, qui a témoigné de ce rôle d’auteur au Heiva dans notre numéro du mois de juillet, ndlr) nous avait proposé l’histoire de Tavae, ce pêcheur tahitien qui a dérivé en mer pendant quatre mois (en 2002). En lisant son livre, Si loin du monde, en discutant avec notre auteur et notre compositeur, nous avons trouvé ce thème de la résilience. Tavae a été une source d’inspiration. Malgré toutes les épreuves, il a gardé la foi, l’espérance, il a toujours voulu avancer, il s’est accroché à la vie. Et puis c’est l’actualité qui a fait écho au thème : la mort de Ayden, le problème de la drogue, les suicides… On se disait : mais où est notre belle Polynésie ? On a en mémoire ces Polynésiens, vaillant, battant. Le nūna’a mā’ohi fait preuve de résilience, il s’est toujours battu pour défendre son identité. Il n’a jamais baissé les bras.
Un peuple qui est parti en mer peupler les îles et recommencer à zéro…
Exactement ! Aujourd’hui, notre peuple semble affaibli par toutes ces choses extérieures, cette convoitise, il ne se souvient plus de son histoire. Avec ce thème, on voulait parler au peuple. Leur dire de continuer à se battre, de se concentrer sur l’essentiel…



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