La petite vingtaine et déjà deux fois de suite meilleure danseuse au Heiva i Tahiti. Dans les années 1960 et 1970, certaines danseuses ont remporté plusieurs fois ce prix, on pense notamment à Janine Maru, même si c’est difficilement comparable car alors les catégories n’étaient pas les mêmes, mais il y avait une suprématie de certaines danseuses. Aie Manuel a remis cette tendance au goût du jour et avec succès !
Comment te sens-tu au lendemain de ta victoire ?
Aujourd’hui, ça va mieux, l’adrénaline est retombée. Je n’arrivais pas à croire que j’avais gagné une deuxième fois. J’ai eu l’impression de ne pas être dans la même catégorie que les autres filles. Leur danse était très technique, très athlétique. Et je ne savais pas trop où me placer par rapport à elles. Je n’avais aucune idée de comment le jury allait me placer : sur le podium ou pas du tout. Ma danse est complètement différente.
Pourquoi tu n’as pas proposé quelque chose de plus technique ?
J’aime beaucoup leur danse, mais ce n’est pas ma façon de danser ni mon point fort. Je suis pas très à l’aise sur tout ce qui est technique. Cette année, avec Tauhere Sandford (sa professeur de danse, ndlr), on a essayé de faire simple, mais aussi de montrer que j’avais évolué. Je pense qu’il faut toujours que Tauhere soit à côté de moi parce que c’est elle qui me connait le mieux au niveau de la danse. Elle sait ce qui me va, ce qui ne me va pas.
Tu as progressé entre l’année dernière et cette année ?
Oui, j’ai essayé d’améliorer mon fa’arapu car on m’avait dit que mes pieds n’étaient pas stables. J’avais encore plein de défauts l’année dernière. Tauhere a regardé la vidéo et elle a vu tout ce qu’il fallait travailler. Aujourd’hui, je suis contente de ma prestation au Heiva 2025.
Pourquoi est-ce que tu t’es présentée une deuxième fois ?
Au départ, je ne voulais pas me représenter. C’est Tauhere et pāpā Heimanu (Heimanu Tehaha, qui est chef d’orchestre, ndlr) qui m’ont poussée à le faire. Ils m’ont expliqué que les années précédentes, c’était quelque chose qui se faisait. Les filles se présentaient plusieurs fois au concours de meilleure danseuse, qu’elles gagnent ou pas. Pāpā Heimanu est un ancien du Heiva i Tahiti et il a connu ces femmes. Il a dit qu’il fallait y aller, ce n’est parce qu’on gagne que c’est fini, il faut montrer qu’on peut gagner plusieurs fois. Mais certains autour de moi m’ont critiquée : j’aurais dû laisser la place aux autres. Je comprends cette position, mais j’essaie de ne pas faire trop attention. Certains ne connaissent rien à la culture et ne savent pas qu’avant ça se faisait.
Et vas-tu faire d’autres compétitions de danse ?
Je pense que oui, mais c’est vraiment le Heiva que j’aime, cette ambiance particulière, cette énergie. Et puis l’année dernière, j’avais seulement 20 ans, je n’avais pas envie de m’arrêter là. Ce titre de meilleure danseuse, c’est…



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