
Photo : Tevahitua Brothers ©
La mode, le maquillage, tous ces produits qui glissent, dessinent, poudrent, colorent la peau : elle adore ! Depuis toute petite, elle regarde sa mère et ses tantes se préparer à sortir et une fois qu’elles sont parties, elle et ses sœurs rouvrent délicatement les palettes pour faire comme les grands. Depuis, elle a travaillé pour Miss Tahiti, la Tahiti fashion Week, des shootings photo, des futures mariées et bien d’autres encore, mais surtout pour Hine Magazine. Et pour fêter les dix ans de votre magazine préféré, elle nous semblait toute indiquée !
Bien sûr qu’elle se souvient de la première Une du magazine Hine. C’est elle qui avait maquillé Mehiata Riaria, Miss Tahiti 2013 et 1re dauphine de Miss France 2014. Elles se connaissent bien toutes les deux. « Je la maquille depuis qu’elle a 14 ans. À l’époque, c’était pour le concours de mannequins Marilyn Agency puis je me suis aussi occupée d’elle pour le concours de Miss Tahiti. » À l’idée de la préparer pour la couverture d’un nouveau magazine, Orama Noble est enthousiaste. Surtout qu’elle retrouve les meilleurs dans leur domaine : Tim McKenna comme photographe, Alberto V comme styliste et Mareva David comme coiffeuse. « Des gens réputés avec qui on se connait aussi très bien et avec qui je n’avais plus travaillé depuis un moment. Nous étions donc contents de nous retrouver et de faire cette photo ensemble. » C’est l’agence Exotic Gardens qui gère la direction artistique du magazine au moment de son lancement. Quand Sandrine Pasbecq, alors directrice, lui propose ce travail, elle accepte tout de suite. « C’était drôle car quand elle m’a montré une photo pour l’inspiration du maquillage, c’était le travail d’un professionnel que je suivais déjà sur les réseaux depuis un moment. C’était donc un super challenge de s’inspirer de ce travail que j’admirais. » Bref, tout ça est très excitant, mais aussi stressant ! Première Une d’un nouveau magazine féminin : il ne fallait pas se louper. « Cette pression de vouloir bien faire m’a toujours suivie dans ma vie professionnelle. Je suis une éternelle insatisfaite, je remets toujours en question mon travail. Je sais ce que je vaux, mais être contente de mon travail c’est autre chose. Je vois toujours des choses à améliorer. » Cette envie d’arriver à la perfection la pousse à progresser. « Si tu restes sur tes acquis, tu peux rapidement t’ennuyer. Je ne veux pas tomber dans la monotonie. J’ai parfois des gros coups de fiu, mais dès que je commence à travailler, j’oublie. Je suis passionnée par ce que je fais. »

Cette première Une de Hine, elle en est très fière. Une couverture moderne avec une Miss Tahiti qui fait partie des personnalités les plus populaires au fenua, mais qui apparaissait de manière différente. « C’était la bonne personne car Mehiata Riaria est toujours restée elle-même. C’est quelqu’un qui n’a pas changé, qui reflète vraiment cette humilité polynésienne. Elle était parfaite pour ce premier numéro ! » Un premier numéro qui a aussi été le début d’une collaboration qui dure encore aujourd’hui avec Hine Magazine. « Le magazine a amené un nouveau souffle et puis les numéros se sont enchaînés. » Orama Noble dit partager l’état d’esprit de Hine : polynésien et moderne avec cette envie d’étonner, de partager les nouveautés, de bousculer les codes. « C’est compliqué quand même ici de faire un magazine de mode et d’apporter de la modernité. Quand les gens viennent pour se faire maquiller, ils veulent souvent la même chose. » Orama est très au courant des modes, mais difficile de les amener jusqu’ici. Les shootings photo mode de Hine sont l’espace rêvé pour laisser déborder son imagination et sa création, tout en restant exigeant.
Le maquillage est arrivé « par hasard », raconte-t-elle, dans sa vie. Passionnée par la mode et tout ce qui tourne autour, elle ne s’était jamais imaginée travailler dans ce milieu. Et encore moins être maquilleuse. « Vivre de ce métier ? Ça n’existait pas à mon époque. » Elle maquille donc pour le plaisir et travaille comme assistante manager au Duty free de l’aéroport. Rayon : parfums et cosmétiques. Ses patrons avaient flairé son appétence pour ce secteur. Sa sœur est élue Miss Tahiti 1992 et elle donne ensuite un coup de main au comité. C’est elle qui va solliciter Orama pour venir aider en coulisses pour une élection. Et puis Dominique Pétras qui y travaille à l’époque leur demande de venir maquiller. « Et voilà, je me retrouve dans les backstages à maquiller les candidates pour Miss Tahiti…


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