
Photo : Tevahitua Brothers ©
Après avoir présenté pendant six années l’émission du midi de Polynésie la 1ère, Fare Ma’ohi, Lovaina Chapman est devenue responsable de la communication de la chaîne. C’est sûr, son visage lumineux, son sourire reconnaissable entre tous avec ses dents du bonheur et ses yeux pétillants, manqueront aux spectateurs. Si la jeune femme avoue son envie de s’éloigner des caméras, elle reconnaît qu’elle n’ira jamais trop loin non plus, aimant passionnément le monde de l’audiovisuel.
Le bureau n’est pas encore tout à fait aménagé. Cela ne fait que quelques jours que Lovaina Chapman s’est installée. Elle arrête de présenter l’émission du midi de Polynésie la 1ère, Fare Ma’ohi, pour devenir responsable de la communication de la chaîne. Un grand changement pour celle qui avait l’habitude d’être devant la caméra. « Je ne le vis pas mal, j’ai simplement un pincement au cœur. Les gens vont me manquer. » L’équipe, qui était comme une petite famille, puis le public et tous ceux qu’elle est allée interviewer, rencontrer… C’est ce qu’elle aime, poser des questions. Sa curiosité, son envie de tout savoir, sont insatiables. Petite, elle se plaît à regarder les émissions de télévision et surtout le journal. Elle voit les présentateurs poser plein de questions à leurs invités et, visiblement, personne ne leur dit d’arrêter ! Pas comme avec elle qui n’arrête pas de lever la main en classe, interroger ses proches, ses professeurs : « J’adore apprendre. J’ai envie de savoir, de comprendre… Si un jour je gagne beaucoup d’argent à la loterie et que je peux arrêter de travailler, alors je retourne à l’école ! », rigole-t-elle. Après sa licence d’info-com à l’Isepp, elle part à Montpellier suivre une école de photographie. Elle y apprend la vidéo et quand elle rentre à Tahiti, elle réalise deux clips pour les Tamari’i Ha’uti et commence à travailler chez Tevei Perle, dont elle apprécie l’esthétique photo. Jusqu’à ce que sa sœur l’appelle… « Elle m’a annoncé que Polynésie la 1ère lançait un casting pour recruter ses présentateurs météo, mais ça ne me disait rien, je ne voulais pas être devant la caméra », raconte Lovaina Chapman qui, à l’époque, se voit plutôt derrière la caméra. Mais sa sœur insiste et la convainc d’y participer, car c’est l’occasion rêvée de rentrer dans le secteur de l’audiovisuel.
Elle se décide à candidater et commence à s’y préparer. Avec son père, professeur de tahitien, elle fait une immersion de trois semaines en reo tahiti pour réussir à mieux maîtriser la langue. « Ça nous a rapprochés, je pense qu’il était content de pouvoir m’aider. » Et puis, c’est un plaisir pour la jeune femme d’avoir cette motivation pour être plus à l’aise en reo tahiti, une « fierté » de renouer avec sa culture. Mais elle se pose des questions : passer devant la caméra ? Vraiment ? « Comme toutes les jeunes femmes, j’étais encore dans l’insécurité et l’incertitude. J’ai les dents du bonheur, je suis grande, on s’est moqué de moi à l’école. » Ses proches l’encouragent à affronter ses peurs et saisir cette belle opportunité. Elle passe le casting et elle est prise. Ils sont quatre : deux garçons, deux filles. Ils suivent une préparation et Lovaina est particulièrement studieuse, elle veut rattraper son retard, pensant être la plus faible en tahitien et en présentation. Elle se souvient très bien de sa première météo. L’enregistrement se déroule un peu avant le journal.
Moins de prises il y a, mieux c’est, car le journal télévisé suit derrière et les techniciens ne peuvent pas perdre de temps. Elle fait cinq prises en français et cinq prises en tahitien. « Ce sont quatre minutes, ça va très vite, c’est le rush. » Les prises sont réussies et Lovaina « saute de joie » dans le studio ! Le patron de la chaîne est là, Jean-Philippe Lemée, et Lovaina laisse éclater son plaisir : « Patron, j’ai réussi ! Je peux vous faire un câlin ? » Oui, oui, elle a vraiment dit ça à son patron, directeur d’antenne de Polynésie la 1ère ! Et elle lui a vraiment fait un hug !
Elle est comme ça Lovaina : spontanée, naturelle, sincère. Avant les présentations météo, si son stress est trop grand, alors elle effectue sa « danse du stress », un moyen de décharger le trop-plein. Elle doute beaucoup et prépare avec beaucoup de sérieux toutes ses interventions. « C’est peut-être un défaut ces remises en question permanentes, mais c’est aussi ma force, car je travaille beaucoup jusqu’à ce que je n’ai plus de doutes. » Sa rigueur plaît et on commence à lui proposer…


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