
Photo : RALLYE AÏCHA DES GAZELLES ©
Toute cette aventure du Rallye Aïcha des Gazelles est « la faute » de Leïana Faugerat-Dang, selon Maïlee Faugerat. Une grande sœur qui ne sait pas dire non aux défis qu’on lui lance. « C’est elle qui est aussi folle que moi », répond d’ailleurs Leïana dans un éclat de rire. Cela fait bien longtemps qu’elles partent en vacances et voyagent ensemble. Elles se connaissent par cœur et semblent prêtes à tout affronter du moment qu’elles sont toutes les deux. Alors aller dans le désert pour une course d’orientation, eh bien pourquoi pas !
C’est donc « la faute » de Leïana si Maïlee et elle sont parties dans le désert du Maroc pendant une dizaine de jours, en 4×4, avec carte et boussole, pour ce défi un peu dingue : le Rallye Aïcha des Gazelles. Une course d’orientation, en voiture, réservée aux femmes. « Je voulais relever un défi pour mes 40 ans. Comme Maïlee court, elle m’a proposé de faire le marathon de New York avec elle, j’ai réfléchi, mais vraiment je n’aime pas la course à pied. Et puis finalement, cette année-là, je me suis mariée et je suis tombée enceinte. J’ai dû repousser mes projets. » Deux ans plus tard, elle repense à un projet un peu fou, avec toujours cette envie de sortir de sa zone de confort. « J’avais plus ou moins tout coché : travail, mari, enfants… Et maintenant, quoi d’autre ? » Et surtout, son mari, Yorick Dang, repousse chaque année la proposition d’un de ses amis de faire le Paris-Dakar. Leïana le provoque gentiment : « Si ma sœur me proposait ce genre de défi, je dirais oui tout de suite ! » Son compagnon s’étonne et rigole, n’y croyant pas un instant. Et voilà Leïana qui veut prouver qu’elle peut le faire. Elle cherche une course du même genre et trouve le Rallye Aïcha des Gazelles. Une course d’orientation dans le désert marocain réservée aux femmes. Il lui faut un binôme et évidemment, elle pense tout de suite à sa grande sœur. Elle l’appelle : « Si on faisait une course dans le désert, ça te dit ? » Elle a à peine fini sa question que Maïlee lui dit « oui ». Tout de suite ! « Il faut toujours dire oui et après tu réfléchis ! », rigole l’aînée de la famille Faugerat. Ça fait longtemps qu’elles partent ensemble en voyage, elles veulent que leurs enfants grandissent ensemble, comme une fratrie, qu’elles partagent plein de choses, alors elles se connaissent par cœur. Leur père, Narii Faugerat, les soutient tout de suite, à condition qu’elles roulent en Toyota. Toute la famille d’ailleurs !
Une fois inscrites, la préparation commence… Il faut trouver la troisième coéquipière : la voiture. Et il faut la choisir avec précaution car il y a beaucoup de casses dans le désert. Et puis remplir toutes les conditions : certificat médical, assurances personnelles et pour le véhicule, suivre une formation pour apprendre à lire des cartes et s’orienter dans le désert, préparation physique pour muscler son corps à être prêt à supporter tous les chocs. « Dans les dunes avec “les bosses à chameaux”, sorte de petites dunes, les voitures prennent cher. » C’est Leïana la conductrice et Maïlee la copilote. « Je suis peut-être plus une femme de terrain et ma sœur est plus rigoureuse pour la lecture des cartes et la boussole », explique Leïana. À deux mois du départ, elles suivent un stage en condition réelle. Elles apprennent la conduite dans le désert et testent leur matériel. « On a commencé à se demander ce qu’on faisait là… Tout était dur. Gérer ses besoins quotidiens, sa tente, son matelas, rationner l’eau… » Mais pas question de renoncer. Elles doivent aussi mieux appréhender leur environnement. Leïana montre quelques vidéos du stage qu’elle a gardées sur son téléphone : on la voit monter une dune en 4×4. Effectivement, ça penche dangereusement. « C’est très impressionnant. » Les dunes c’est une chose, il y a aussi les montagnes, les cailloux, certains à éviter si on ne veut pas crever. Elles suivent aussi des cours de mécanique pour au moins savoir changer une roue.

Photo : RALLYE AÏCHA DES GAZELLES ©
Mercredi 1er avril : c’est le prologue. Une course qui permet aux équipes d’avoir un aperçu de la compétition. Elles doivent trouver leurs points GPS afin de valider leur parcours et aussi leur place au départ le lendemain. Tout se passe bien. « Le sable rentre partout, mais le premier jour, on trouve ça rigolo. » Le soir : elles remettent leurs téléphones aux organisateurs de la course. Interdit d’emporter quoi que ce soit de connecté. Le 2 avril : ça y est, c’est parti pour huit jours de courses dont deux étapes « marathon » où elles devront dormir « dehors ». Pas de bivouac de course pour les participantes pendant ces deux étapes un peu spéciales. Chaque jour, de nouveaux parcours à faire : elles ont le choix entre le plus long, mais plus facile, un parcours intermédiaire ou la « piste noire ». « On a toujours choisi le plus dur, on est un peu des têtes brûlées mais surtout, on voulait absolument choisir le plus droit jusqu’au cap. » Les premiers jours, premières étapes, passent quasiment « tout seuls ». Le duo trouve les points GPS facilement et tout roule. Mais la fatigue arrive… « Tu dois conduire entre 8 et 12 heures par jour, rester bien concentrées, regarder où tu roules, sur quoi, avec les yeux partout. Ma sœur était concentrée sur le cap, la boussole, la carte. » Et une fois arrivées au bivouac, la journée n’est pas terminée : « Il faut passer…



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