
Quand on la voit sur les compétitions de vélo, on imagine une femme qui a dédié sa vie à l’entraînement, aux courses. Elle est toujours sur les podiums, et sur la plus haute marche, depuis presque trente ans maintenant ! Avec des pauses bien sûr, des hauts et des bas aussi, mais elle fait toujours partie des meilleures. Cette athlète de haut niveau est aussi la maman d’une petite tribu de cinq enfants…
Ses deux dernières filles sont là, c’est les vacances. La maison est calme finalement avec seulement deux enfants présents… D’habitude, ils sont cinq ! Le premier est arrivé en 2005, Keali’i, la deuxième en 2007, Kely, la troisième en 2009, Kamalei. « Tous les deux ans ! Et comme en 2011 je n’en ai pas eu, elles étaient deux la fois suivante », rigole Kylie. Et donc Kalea et Kalei en 2013. Cinq enfants ! Les prénoms avec un « k », c’est la tradition familiale. Ce sont les grands-parents paternels qui ont décrété que leurs enfants et les enfants de leurs enfants porteront tous un prénom commençant par un « k ». Kylie Vernaudon a suivi la consigne des anciens. « Quand ça vient de la famille, j’aime respecter ce qui est dit et demandé. » La famille a toujours eu une grande importance pour elle. Elle parle de ses grands-parents qui l’ont élevée avec une grande tendresse, de son oncle préféré qui l’a poussée dans le vélo avec émotion, de tous ses autres oncles champions cyclistes avec admiration, de son grand-frère avec douceur et de son mari et ses enfants avec amour. Un cœur gonflé de l’amour familial. Et une famille résolument tournée vers le sport et le vélo en particulier. Que ce soit chez les Vernaudon, son côté paternel, ou chez les Hamblin, côté maternel, le vélo est partout présent. D’ailleurs, c’était ses premières sorties du dimanche : aller encourager tonton sur les courses. Sur l’une de ces courses, elle n’hésite pas à se moquer de lui : « T’es nul, t’as pas gagné ! » Lui qui avait l’habitude d’être sur la première marche du podium… La réponse a claqué : « T’as qu’à essayer, tu vas voir ce que c’est. » Kylie le prend au mot, emprunte le vélo de son frère, beaucoup trop grand et lourd pour elle mais tant pis, et fait la course du dimanche suivant. « J’avais peur de rien et le goût du challenge. Je voulais montrer que je pouvais relever le défi. » Elle arrive loin derrière tout le monde, mais la graine est plantée. Elle va s’excuser auprès de son oncle et commence à s’entraîner.

Elle est encore jeune, une dizaine d’années. « Mes grands-parents, avec qui j’ai grandi, suivaient leur fils sur les courses et j’y allais aussi. J’aimais cette ambiance. » Elle aime le sport et est plutôt forte au collège, mais ça s’arrête là. Cette première course de vélo, où elle n’est pas avec les spectateurs mais les coureurs, lui donne un aperçu du dépassement de soi, des sacrifices et des efforts qu’il faut faire pour passer cette ligne d’arrivée devant les autres. Elle s’engouffre dans cette fièvre familiale avec bonheur. « J’ai toujours été très famille et c’est important pour moi d’être proche des gens que j’aime. Partager cette passion nous réunit davantage. Il y a des compétitions, des victoires, des défaites, des sourires, des larmes… » Ses grands-parents lui offrent son premier vélo, elle leur dédie sa première victoire et se souvient très bien de leur regard rempli de fierté qu’ils posaient sur elle. Ces photos où elle les tient par le cou et ils l’embrassent chacun sur une joue. Le vélo, c’est aussi tous ces souvenirs. « Depuis le jour où je suis montée dessus, je ne suis jamais redescendue. J’aime cette sensation de liberté, de découverte… C’était aussi un milieu que je connaissais très bien, dans lequel mes proches évoluaient. » Les premiers entraînements se passent avec son oncle et son grand-frère. Un grand-frère avec qui elle n’a pas grandi et qu’elle était heureuse de retrouver sur les routes. « J’étais petite quand je suis partie vivre avec mes grands-parents mais mon grand-frère, il m’a toujours manqué. » Et ça paye : Kylie devient championne de Polynésie quelques mois plus tard. Nous sommes en 1998, elle a 13 ans, et elle ne le sait pas encore, mais elle ne quittera plus son vélo, ni les podiums…

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