Sacrée meilleure danseuse du Heiva i Tahiti 2026, ce n’est que quelques jours après la remise des prix qu’elle a enfin eu son trophée en mains. Un trophée « énorme », à l’image de tout ce qu’elle a traversé pour l’obtenir. Déjà candidate à ce concours en 2025, elle rate le podium. Une grosse déception qui a mis du temps à passer, mais une fois digérée, elle est remontée dans l’arène, bien décidée à danser encore. Et cette fois, elle a remporté le prix !
Quand elle arrive sur la scène cette année, elle est sans doute décidée à prendre sa revanche, mais surtout à se faire plaisir à danser. Seule sur To’atā, « pour le public et pas pour un prix ». Hereiti Tixier, c’est l’histoire d’une jeune femme décidée à se relever, peu importe les chutes. Il a fallu du temps pour digérer sa défaite au Heiva i Tahiti 2025, mais ça y est, elle l’a, ce prix de la meilleure danseuse qui était son rêve depuis toujours. C’est à 3 ou 4 ans, elle ne se souvient plus exactement, qu’elle commence à danser. Elle va dans l’école de Moeata Laughlin, suivant sa grande sœur, Tetauira. Puis vers 9 ans, elle arrête la danse et commence le taekwondo, cette fois pour suivre son grand frère. « Ça m’a bien forgée et donné l’esprit compétitif. J’avais des compétitions tous les mois et parfois on gagne, parfois on perd. Il faut accepter les défaites et repartir au combat. Cette discipline m’a appris à me relever. C’était des challenges et totalement différent de la danse. » Une ceinture noire et plusieurs compétitions plus tard, elle revient complètement à la danse. À nouveau chez Moeata Laughlin pendant quelques années et puis en 2019, elle obtient le prix de meilleure danseuse au Heiva Taure’a, elle tape dans l’œil de Tiare Trompette qui lui propose de rejoindre la troupe Hei Tahiti, mais aussi de donner des cours dans son école. Elle n’a que 13 ans : « Je n’étais qu’une enfant, je ne savais ce que j’avais à enseigner, mais Tiare était sûre d’elle et elle m’a convaincue. » Même les parents des élèves sont un peu sceptiques en laissant leurs filles entre les mains de Hereiti, mais ils sont, eux aussi, rapidement conquis par cette toute jeune adolescente. « Ces premières années sont de bons souvenirs. J’ai enseigné la danse à des filles aussi passionnées que moi. » Elle apprend à être à l’aise en public, à être sûre aussi de ce qu’elle dit, à s’affirmer. Enseigner lui permet de continuer à apprendre : « Je donne des conseils et j’essaye de les appliquer moi aussi et parfois, c’est vrai, en expliquant quelque chose, on a des illuminations. »
À côté de la danse, elle essaye de continuer ses études, mais rien n’arrive à la détacher du ‘ori tahiti. D’abord une première année en licence sciences humaines et puis finalement en langues étrangères appliquées à l’université, mais fin 2024, elle décide d’arrêter et de se laisser emporter par sa passion. En 2025, elle s’inscrit au concours de meilleure danseuse du Heiva avec Hei Tahiti. Et elle se met beaucoup de pression… Beaucoup trop… « Je voulais rendre hommage à mon groupe, je m’étais mis beaucoup de poids sur les épaules, c’était un rêve depuis toute petite. » Elle fait du sport tous les jours, va courir au parc Vairai, à Vaitavere, elle fait la Croix à la Mission, suivant en même temps un régime strict. Elle veut être « parfaite ». « Quand j’ai dansé, j’ai tout donné, j’étais très contente de ma prestation, je ne crois pas que j’aurais pu mieux faire. » Mais à la remise des prix, on annonce la troisième, la deuxième, la première, et pas une seule fois elle entend son nom. C’est une immense déception. « La soirée a été difficile puisque tu n’as rien, mais il faut rester là avec les membres de ton groupe et sourire, concentrée pour les autres prix, c’est un peu compliqué. Sur le coup, je n’avais pas réalisé, les émotions sont arrivées après. » D’un côté elle est soulagée : le Heiva i Tahiti est passé. Et de l’autre, elle est déçue : elle n’a aucun prix. « Je visais le podium. Ça a été dur les semaines suivantes. Elles ont été longues. »
Après le Heiva, il y a le Mini Heiva, mais pas d’autre objectif. Hereiti espérait vraiment un prix et il allait changer sa vie. Rien de tout ça n’est arrivé, elle se retrouve sans perspective. « J’ai eu une grosse remise en question. Arrêter la danse ? Ça m’a traversé l’esprit. Tout avait été lourd : la préparation et puis la suite où plus rien ne me motivait à danser. » Les semaines passent, on annonce les ‘Ori Tahiti Nui Competitions, elle voit des filles qu’elle connaît s’inscrire et commence à sentir cette envie revenir… « Avec le taekwondo, j’avais toujours appris à me relever alors ce n’était pas à 20 ans que j’allais arrêter. Et puis je ne voulais pas que ma dernière compétition soit un échec. J’ai toujours su remonter la pente donc cette fois j’y arriverais aussi. » Elle retrouve les copines, les copains, ceux qu’elle voit tout le temps sur ce genre d’événements, fait des rencontres, passe un bon moment. « J’ai décompressé. » Elle obtient le…
Extrait de l’article rédigé par Lucie Rabréaud
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