Avec elle, la discussion peut vite partir sur un sujet et puis un autre et encore un autre… Maquilleuse professionnelle qui a du mal à s’arrêter de travailler tellement elle aime ce qu’elle fait ; maman protectrice de son foyer, son mari et ses deux enfants : ses amours de toujours ; une sportive qui s’est révélée en Fit Model, raflant des titres à peine quatre mois après avoir commencé. Elle n’a pas trop l’habitude de raconter sa vie et c’est en disant tout ça, qu’elle réalise quelle force intérieure elle a.
Charlène Picard-Robson n’est pas du genre à s’étaler. D’ailleurs, cette rencontre l’inquiète un peu… Que va-t-elle raconter ? Finalement, elle a plein de choses à raconter ! Maquilleuse professionnelle, athlète de haut niveau en fitness et mère de famille très attentive à son foyer. Le tout ponctué de beaucoup d’éclats de rire et de chaleur humaine. On la sent protectrice avec un grand cœur. Mais aussi très exigeante avec elle-même, prête à tout une fois qu’elle se fixe un objectif. D’ailleurs, l’année 2025 a été particulière pour elle : elle l’a commencée avec un physique assez quelconque, peut-être un peu enveloppé, selon elle, et l’a terminée avec plusieurs médailles autour du cou dont une quatrième place dans un concours international, pour un corps sculpté en quelques mois. Et tout a commencé avec son métier de maquilleuse professionnelle… Quand elle trimbale tout son matériel, elle a du mal à tenir le rythme. Elle est essoufflée, fatiguée, sent « son corps épuisé ». « Il fallait faire quelque chose. Je voulais me remettre en forme. »
Elle est déjà inscrite dans une salle, mais avoue ne pas y mettre les pieds souvent. Avec cette remise en forme, un coach lui prépare des programmes sportifs, mais aussi nutritifs. « Il s’agissait d’avoir de l’énergie, être tonique. » En quelques semaines : 15 kilos de perdus. Ça commence fort. Et d’ailleurs, voyant ces résultats, le potentiel de son physique et peut-être aussi son ardeur aux séances de sport, le coach lui propose de faire des compétitions de fitness. « J’ai dit non. Je voyais le style, je connaissais la rigueur sur le plan alimentaire. Pas question, j’ai besoin de manger, je ne voulais pas me restreindre. » Le plan nutritif continue, les résultats aussi, et le coach relance l’idée en lui expliquant que ce qu’elle mangeait en ce moment, c’était exactement les plans de préparation des compétitions. « Donc j’ai dit oui ! »

Le sport, elle connait. Toute petite, elle a fait de la course à pied, de la danse, du kick boxing muay thai… « J’étais très sportive. Dans mon école, on faisait beaucoup de sport et j’aimais ça. » Puis ça s’est arrêté, elle a grandi. Et arrive dans le mannequinat. C’est une copine qui l’emmène avec elle chez sa tante, Roti Make, pour faire des défilés. Là, celle que tout le monde surnomme « Chocolat », Tehei Tuheiava, la repère. Elle la présente à Alberto V et c’est parti pour les défilés : Marilyn Agency, Robert Wan… Charlène ira même défiler à New York et à Sydney. Sur certains événements, elle s’amuse à faire le maquillage, parce que c’est ça qu’elle aime, elle le sait depuis longtemps. Elle se fait un peu gronder par Alberto qui préférerait la voir se préparer plutôt que de maquiller les autres. À l’époque, il n’y a pas de formation à Tahiti pour le maquillage, elle passe donc un CAP Esthétique. Puis à ses 19 ans, elle tombe enceinte. Le mannequinat s’arrête, elle se concentre sur son travail : le cabinet de sa tante. « À l’époque, le maquillage était plutôt réservé à une certaine élite et puis c’était encore tabou. Mais à partir de 2007, il a été imposé au Heiva i Tahiti. Du coup, tout le monde devait y passer : de la mamie à la plus jeune fille. Ça a fait un gros push. La vague s’est formée, j’ai pris ma palette et j’ai surfé ! »…



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